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Pour le 148ème régiment d'infanterie
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2 août 2021

Le popotier Oscar Barbry et ses frères d'armes, des destins divers

Pendant cette période, qu'à la lecture du JMO du régiment,  l'on pourrait croire calme et sans danger, les bombardements ennemis ont néanmoins fait quelques victimes. Des morts (3) mais également des blessés graves qui garderont leur vie entière, les séquelles de leurs blessures.

Pour situer ces soldats dans le contexte de cette période

Voir:. http://148emeri.canalblog.com/archives/2021/07/21/39066266.html

 

6 le 1er mai bombardementExtrait du JMO du 148ème ri à la date du 1er mai 1915.

Mémoire des Hommes.

 

Les pertes du 1er mai 1915.

A l'heure actuelle, nous avons retrouvé plusieurs de ces soldats, les recherches continuent pour ceux qui restent encore dans l'ombre  Adam Emile, Bar Marcel....

En espérant pouvoir un jour compléter cette liste.

 

 

 

 

Les morts

bisquay 3Fiche Mort pour la France

 BISQUAY Jean Marie, fils de Jean Marie et de Conan Anne, est né le 3 décembre 1886 à Riec-sur- Belon (Finistère) et exerce la profession de cultivateur lorsque le 8 octobre  1907, il est incorporé au 162ème ri comme soldat de 2ème classe. Sur décision du général commandant le 6ème corps, il passe comme soldat ordonnance le 1er octobre 1908 au 6ème escadron du train des équipages militaires. Brièvement car le 18 décembre suivant, il mute au 5ème escadron du train des équipages militaires. Le 25 septembre 1909, il passe dans la réserve muni d’un certificat de bonne conduite. Rendu  à la vie civile, il épouse, le 14 mai 1911, Clémentine Rioual.

Le 1er août 1914, il est rappelé sous les drapeaux et intègre, après une brève remise à niveau, le 148ème ri le 20 octobre 1914, la 3ème compagnie du 148ème ri.  Il n’a pas participé à la campagne de Belgique ni à la retraite sur la Marne ainsi qu’à la reconquête vers l’Aisne. Arrivé avec les renforts du 20 octobre 1914, il sera néanmoins plongé dans les derniers combats de Berry-au-Bac. Après un premier hiver dans les tranchées dans le secteur de la ferme de la Pêcherie, il se retrouve, mi-février, dans le secteur de la ferme du Luxembourg. Sa 3ème compagnie est envoyée en renfort pour soutenir l’effort de la 12ème cie. Il sera tué sur le champ de bataille.

MB Bisquay Jean 1 5 15Sa tombe à Cormicy, sa citation le 2 janvier 1924 (JO lois et décrets)

bisquay 2 janvier 1924Le 7 juin 1915, un secours de 150 fr sera versé à  son épouse et une pension de 463 fr lui sera allouée.

sa veuve qui recevra une pension

veuve pension 23 avril 16JO, lois et decret, 23 avril 1916

Il fait partie de la même compagnie du le soldat Joseph Degaugue

 http://148emeri.canalblog.com/archives/2021/05/04/38954624.html

Ils ont donc partagé le même vécu.

 

Brouck mplfFiche Mort pour la France,

BROUCK Augustin, fils d’Henri et de Marie Parmentier, est né le 3 août 1891 à Tourcoing (Nord). Il exerce la profession de dégorgeur. Il se marie le 22 juin 1912 avec Germaine Goethinck. Il est incorporé au 148ème ri le 9 octobre 1912 comme soldat de 2ème classe. Son instruction n’est pas terminée lorsqu’éclate la guerre. Vu l’absence de documents, il est impossible de retracer son parcours entre août 1914 et février 1915. Il y a de grandes chances qu’il faisait partie du IIIème bataillon. Un bataillon très bousculé dans les combats de Dinant et  Namur (Belgique). Après un long repos (suite au combat de la Ferme du Luxembourg en février 1915), le régiment revient prendre position dans le même secteur. Un secteur devenu calme. Néanmoins, quelques bombardements ennemis viennent troubler ce semblant de « repos ».

MB Brouck Augustin 19 4 15sa tombe à Cormicy et sa citation JO lois et décrets, 3 avril 1924

Brouck 3 avril 24,

brouck 1Dans le JMo du 148ème ri

 Le 18 avril, Augustin Brouck sera victime d’un obus. Blessé, il sera transporté vers l’ambulance 4/3 située à Chalons sur Vesles où il décèdera, le lendemain, des suites de ses blessures. Un secours de 150 fr sera alloué à sa veuve le 3 octobre 1917. Il repose dans la nécropole de Cormicy, Maison Bleue.

AB Augustin BrouckSignes distinctifs, une cicatrice et un tatouage "A B" Augustin Brouck?

AD59, IR3047, vol 6, im 252

 

 

 

provost MPLFSa fiche Mort pour la France

PROVOST Eugène, fils naturel de feue Eugénie Louise, est né le 29 juillet 1892 à Paris dans le 20ème arrondissement et exerce la profession de forgeron lorsque le 8 octobre 1912, il est appelé sous les drapeaux du 148ème ri comme soldat de 2ème classe. Il intègre la 1ère compagnie. Il ne sera pas démobilisé car la guerre éclate alors que son instruction n’est pas terminée. Le 6 août, la 1ère compagnie du capitaine Delahaye, en avant-garde du Ier bataillon, pénètre en Belgique. Bouvigne est son premier cantonnement.

detailUne photo de la 1ère compagnie entrant dans le hameau de Moulin (Anhée) le chef de bataillon au centre et le capitaine Delhaye à gauche. Eugène Provost serait-il sur la photo?

La 1ère compagnie sera toujours en pointe dans la progression du régiment. Le 1er bataillon du commandant Vannière sera souvent sollicité par le colonel Cadoux pour ouvrir la marche du régiment. Puis ce sera la difficile retraite retraite vers la Marne. Le 1er septembre, c’est le combat de Coucy-le-Château. la 1ère compagnie essuie les premiers feux ennemis « à peine engagée sur la route qui traverse la forêt, la 1ère compagnie du lieutenant Thanneur, en avant-garde, est confrontée à un feu nourri de mitrailleuses et d’artillerie dont les balles et les obus de 77 blessent et tuent  quelques hommes … ». La retraite se poursuit puis c’est la remontée vers l’Aisne pendant laquelle la 1ère cie est encore appelée à ouvrir la route. Berry-au-Bac, la défense du pont, l’avancée sur Sapigneul, la cote 108, la ferme de Choléra puis le premier hiver dans les tranchées. Il est blessé, « plaie de la malléole externe droite ». Pas très grave car il n’est pas évacué. (non retrouvé sur les listes de blessés). Il a traversé toutes les épreuves, évité tous les dangers dans des secteurs pourtant très malsains et malheureusement c’est lors d’un séjour dans le secteur de Luxembourg, le secteur étant pourtant calme, qu’il est blessé le 16 avril 1915 lors d’un bombardement ennemi, « plaie par éclat d’obus dans la région thoracique latérale droite ».

provost ec

Extrait de son acte de décès dans AD 75, état civil, décès, 1916, 20D260Bis

MB a

 

 

 Vue générale de la nécropole

 

Il repose dans la nécropole de Cormicy (lors d'un prochain passage, la photo de sa tombe sera faite).

 

 

Et les autres?

 Mort des suites de ses blessures

adam inconnu matriculeAdam Emile mort le jour même à l'ambulance de Villers-Franqueux

adam emile maison bleue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Inhumé dans la nécropole de Maison Bleue à Cormicy. Les références données par sa fiche Mort pour la France, AD 59, bureau Avesnes, classe 1900, matricule 1119 ne correspondent pas à ce soldat.

Deux mutilés de la face

BRICOUT Joseph

bricout citéExtrait du JMO du 148ème ri.

BRICOUT Joseph, fils de Joseph et de Vanderwalle Elise est né le 13 septembre 1889 à Beauvois (Nord). Il exerce la profession de tisseur lorsque le 5 octobre 1910 il est  incorporé au 148ème ri comme soldat de 2ème classe. Nommé caporal le 10 octobre 1911, muni d’un certificat de bonne conduite,  il est envoyé en congé le 27 septembre 1912 en attendant d’être mis dans la réserve de l’armée active.

Le 1er août 914,  il est rappelé à l’activité et rejoint le régiment en campagne le 27 septembre 1914. Il aura échappé à la campagne en Belgique. Il participe néanmoins à la retraite vers la Marne puis prend part aux différents combats sur l’Aisne. Berry-au-Bac, ferme de Cholera, cote 108, Sapigneul... Il est reconnu comme « très bon gradé qui a toujours fait preuve d’une grande bravoure ». Il passe son premier hiver dans les tranchées dans le secteur de la ferme de la Pêcherie puis, le 16 février 1915,  est engagé, avec la 9ème compagnie,  dans le combat de la ferme du Luxembourg, où il «  s’est vaillamment comporté à l’attaque du Bois du Luxembourg » et  y est grièvement blessé, «  arrachement de la mâchoire fracassée par deux balles ». La mutilation de la face ! Les soins de reconstruction seront longs.

bricout gueule cassée

AD 59 vol 4 IR 3934 vol 4, im. 344Merci à Mr. Bazas pour son aide<.

Une blessure dramatique

La chirurgie de l’époque ne permet pas une reconstruction générale. J. Bricout gardera de lourdes séquelles tant fonctionnelles  (difficulté pour mastiquer) qu’esthétiques (défiguration par une large cicatrice lui déformant la face). Cité à l’ordre de l’armée, il est décoré de la médaille militaire et de la Croix de guerre avec palme et étoile de bronze. Il recevra également la médaille de la Victoire. Proposé pour une pension permanente de 85% de retraite par la commission de réforme en 1919, son cas sera revu le 25 septembre 1925 puis en 1927 et sa pension majorée à 100%.

Bricout 24 mars 16

Sa citation dans le JO du 24 mars 1916

 

 

 

GODY Léon

godyExtrait du JMO du 148ème ri

GODY  Léon, fils de feu Charles et de feue Joséphine Berrier, est né le 14 septembre 1890 à Saint-Omer (Pas-de-Calais) est relieur de profession lorsqu’il est incorporé au 148ème ri le 7 octobre 1911 comme soldat de 2ème classe. Caporal le 27 septembre 1912 et sergent le 14 octobre 1913, il signe un engagement pour deux ans à compter du 13 octobre 1913. Il ne compte que quelques semaines de présence au régiment suite à ses nombreuses blessures. Alors que la guerre est déclarée, il est absent dès le 2 août et ne rentre au régiment que le  3 septembre 1914.

On n’en connaît pas la raison. Maladie ?

gody parcours au 148, quelques semaines Le sergent Gody ne sera resté que peu de temps sur le terrain avec le 148ème ri

Aux armées, sur le front

Intérieur, évacué vers l'arrière pour y recevoir des soins

A peine a-t-il repris sa place dans sa compagnie, qu’une première blessure le retire  de nouveau du front du 9 octobre 1914 jusqu’au 11 février 1915. Dès le lendemain de son retour,  il prend part au combat du 16 février devant la ferme du Luxembourg où il se fait remarquer par son comportement face au feu. Une nouvelle blessure Très grave cette fois l’éloigne des champs de bataille du 16 février au 1915 au 15 février 1916. 

gody bis 27 av 15Citation JO du 27 janvier 1915

« Un an de soin et de convalescence qui l’empêchera de suivre le régiment en Orient. Durant cette période, il est nommé adjudant le 31 mai 1915. De retour aux armées le 15 février 1916, il est nommé sous-lieutenant à titre temporaire et muté brièvement au 147ème ri ( du 16 février  au 19 mars 1916), avant de rejoindre le 33ème ri où il sera de nouveau blessé.

gody 28 nov 16Citation au 33ème ri Jo du 28 novembre 1916

En 1918, il sera nommé lieutenant à titre définitif. Il mutera encore vers le 500ème régiment d’artillerie d’assaut  Après la guerre, il tentera de continuer sa carrière militaire mais sa santé se dégradant, il sera mis en « non activité » en attendant la commission de réforme. Il gardera de très lourdes séquelles de ses blessures, il sera pensionné à 100% ne pouvant plus exercer son métier de comptable. Il sera nommé Chevalier de la Légion d’Honneur puis Commandeur.

 

 Deux malades mais sains et saufs

BALLE Julien, fils de Lucien et de Louise Liébaux, est né le 4 mars 1892 au Gué d’Hossus (Ardennes) il exerce la profession de forgeron lorsque le 10 octobre 1913, (il a été retardé d’un an comme soutien de famille indispensable),  il est incorporé au 148ème ri comme soldat de 2ème classe. Il fait partie de la classe dont l’instruction est à peine entamée lorsqu’éclate la guerre. Bien qu’à peine initiée aux pratiques militaires, la classe 13 est engagée. La campagne en Belgique puis la retraite vers la Marne, la bataille de l’Aisne… Il est nommé caporal le  (4 septembre 1914? date ill). Le 13 novembre 1914, « dans une attaque à la cote 108 est arrivé le premier dans la tranchée ennemie ».

Balle julien blessé

Cité et décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze ». Après les combats de la ferme du Luxembourg,  ce sera  Quennevières, deux combats qui ont saigné le régiment.  Il est nommé sergent le lendemain de la bataille, avant de partir le 1er novembre 1915 en Orient où le régiment sera soumis, dès son arrivée,  de nouveau, à rudes épreuves. Les maladies font autant de victimes que les combats. Il est atteint de paludisme à tel point qu’il est rapatrié vers la France le 14 août 1917 mais sa santé se dégradant, il hospitalisé le 9 octobre suivant. Il est soigné jusqu’au 10 janvier 1918 et reste en convalescence jusqu’au 10 septembre suivant date à laquelle, il passe au 40ème ri.

Balle rayéExtrait de sa fiche matricule  AD Ardennes,  1912, 

Vu la gravité de l’infection, il  est rayé des contrôles « pour longue absence » à la date du 9 décembre 1917 par le lieutenant-colonel commandant le 148ème ri. Bien qu’il retourne en Orient, après sa convalescence, il ne reviendra plus au régiment et restera à disposition de la 122ème division du 11 septembre 1918 au 8 juin 1919. Rentré en France le 9 juin 1919,  Il sera démobilisé le 4 septembre 1919.

 

MARANDAY Victor, fils de Joseph et de Marie Ballat, est né le 7 novembre 1889 à Paris où il exerce la profession de métreur. Il est incorporé au148ème ri le 3 octobre 1910 comme soldat de 2ème classe. Nommé caporal infirmier  le 1er octobre 1911, il est envoyé dans la disponibilité le 27 septembre 1912 muni du certificat de bonne conduite. Rappelé à l’activité  le 1er aout 1914, il rejoint le régiment le 3 août et entre en campagne. La Belgique, la retraite vers la Marne et les combats de l’Aisne....

marandraycampagne contre l'AllemagneSa présence aux armées (front) ou à l'intérieur, (évacué sur l'arrière)

AD75, matricules, 1910- 3325, D4R1-1517

Une première absence du 25 octobre au 10 novembre 1914 alors que le régiment, tenant Berry-au-Bac,  est en plein combat dans la cote 108 et Sapigneul.  Comme il n’est pas repris dans les listes de blessés de cette période, aurait-il été malade et évacué vers l’arrière ou bien a-t-il été blessé hors des combats, lors d’un  éboulement «  contusion à l’abdomen suite à un éboulement ». Revenu au front après cet éloignement, il reprend sa place dans sa compagnie. C’est lors d’un séjour dans le secteur de Luxembourg, le secteur étant pourtant calme qu’il est blessé le 16 avril 1915 lors d’un bombardement ennemi, « plaie par éclat d’obus dans la région thoracique latérale droite ». Evacué vers l’arrière pour y recevoir des soins, il est hospitalisé  jusqu’au  16 avril 1916. Durant cette  hospitalisation, le 11 janvier 1916, il a été  nommé caporal fourrier. Il reste encore  8 mois «  à l’intérieur », (en convalescence ?). Des soins qui ont duré du 16 avril 1915 au 27 décembre 1916. Remis sur pied… il part pour l’Orient le 28 décembre 1916 vers le 84ème ri. où, le 20 juillet 1917, il est nommé sergent fourrier.  Le 1er octobre 1917, il revient au 148ème ri  avant de quitter définitivement le 148ème et muter,  le 16 juillet 1918, vers le 31ème ri  puis au 131 ri  le 9 novembre 1918. Il est mis en congé le 31 juillet 919.

 

Mort en Orient

Bozec MplFBOZEC Louis, fils de feu Jean François et de feue Marie Le Bourihis, est né à Moëlan (Finsitère) le 9 mai 1885, est marin lorsqu’il est appelé sous les drapeaux le 23 mai 1903 au Quartier de Lorient. 

détailAvec son épouse lors d'une permission

Bien que sous les drapeaux, il se marie le 4 juin 1903 avec Eugénie Lollichon. Deux fils naîtront en 1905 et en 1908.  A la déclaration de guerre, comme beaucoup de marins n’ayant pas d’affectation sur un navire de guerre, il est dirigé sur l’infanterie et  rappelé le 31 octobre 1914 au 148ème ri. Une brève remise à niveau et il part en renfort le 6 novembre 1914. Après avoir participé aux différents combats sur l’Aisne, la ferme du Luxembourg puis Quennevières, il part en Orient le 1er novembre 1915 où le régiment est immédiatement lancé dans des combats contre les Bulgares.

0 Bozec blesséBlessé lors des combats de décembre 1915 en Orient. Extrait JMO du 148ème ri.

Il est blessé le 8 décembre 1915 et évacué vers la France. Après les soins, il rentre au dépôt de Vannes le 10 janvier 1916 et après sa convalescence passe au 65ème ri le 30 mars suivant.

Il sera tué à l'ennemi lors de l' engagement du 5 mai 1917 aux Chemins des Dames.

CitationSa citation Jo du

mediumLouis Bozec et sa décoration Croix de guerre avec palme

 

 

 

 

 

Le jeudi 22 avril 1915, le soldat Bozec Louis va faire partie d’une patrouille entre les lignes. C’est le sergent J. Degaugue qui raconte sa patrouille dans ses notes.

« Devant nous, entre les lignes, il y a des morts de l’attaque du 16 février et de l’attaque de septembre. Cela sent mauvais. Les corbeaux viennent les becqueter, c’est horrible. On reconnait les morts de septembre de ceux du 16 février car les premiers ont un pantalon rouge tandis que les autres ont un pantalon bleu et la couverture en fer à cheval sur le sac. Je vais en patrouille avec Maillot, D… (ill) Bozec et Gallet. Je reste en avant des fils de fer de 10 heures à minuit 50, on rampe, on se faufile, on s’arrête, on écoute. Je longe l’ancienne tranchée du 16 février creusée hâtivement par nos soldats en cas d’attaque boche. Des ombres se glissent. Sont-ce des Boches ? On arrive près des fils de fer, revenus au milieu des cadavres. Quelle odeur ! On ramène un vieux sac. C’est un sa de septembre. Aucune indication sur le soldat décomposé. Le sac contenait entre autres du linge percé de plus de200 balles( ?), du tabac, du savon, de l’amadou. Pour prouver qu’on a exécuté la patrouille il faut rapporter de tels témoignages. Je rentre transi de froid. Je suis disputé car je rentre trop tard. Le temps ne semble pourtant pas long dans un tel cas ».

 

Grand mutilé

leg honEn 1949, pour son dossier Légion d'Honneur

 WALLART Gaston, fils naturel de Marie Wallart, est né le 10 juin 1891 à Audencthun (Pas-de-Calais), résidant à Boulogne, il est chasseur d’hôtel de profession lorsque le 9 octobre 1912, il incorpore le 148ème ri à Givet. Il est grièvement blessé le 1er mai 1915 devant le Bois du Luxembourg.

decorationsSur sa fiche matricule, AD 62

santé

 

 

 

 

 

 

 

 Proposé pour la pension de retraite par la commission de réforme le 25 novembre 1915 pour cal vicieux de la cuisse droite suite à une fracture compliquée du fémur par éclat d’obus  avec raccourcissement et ankylose du genou. Réformé, il retourne à la vie civile avec une invalidité de 60% Après la guerre, d’autres complications de santé aggraveront sa santé. Il sera  mis à la pension 100% d’un montant de 3400 fr avec jouissance au 20/09/1932.

En 1949, un dossier est ouvert pour l'obtention de la Légion d'Honneur.

lh

Extrait de son dossier https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr/ui/#show

Lors de cette enquête de moralité menée sur le postulant, les autorités signalent que Gaston Wallart dont la conduite est sans reproche « est parfois atteint de nervosité qui à mon avis ne provient que des effets de guerre » précise un des enquêteur. Trente ans après la guerre, il est encore hanté par ses souvenirs.

 

BARBRY Oscar, le popotier de la 3ème cie

Mercredi 28 avril 1915, « Barbry Oscar, notre sympathique collègue popotier nous procure des asperges excellentes… ». Parmi tous les noms cités dans les notes du sergent J. Degaugue, nous avons retrouvé le sergent Barbry, popotier.

Barbry oscar MplfSa fiche Mort pour la France

BARBRY Oscar, fils d’Elie et de Maria Perche est né le 26 octobre 1891 à Arques (Pas-de-Calais) est ouvrier meunier lorsque le 9 octobre 1912, il est appelé sous le drapeau du 148ème à Givet comme soldat de 2ème classe. Le 7 novembre 1913, il est nommé caporal et le 16 octobre 1914, il est promu sergent. Bien que sergent dans sa compagnie, Il s’occupe de la popote des sous-officiers  de la 3ème compagnie. Il ne cuisine pas mais s'occupe des fournitures. A lui de trouver la nourriture, le vin, le tabac.... tout ce dont a besoin le soldat. 

Il s'est distingué lors des combats dans le secteur de Pontavert.

Barby popotierExtrait du JMO du 148ème ri.

Barbry blesseExtrait du JMo du 148ème ri

Blessé le 26 mai 1915, au Bois de la Mine (Pontavert) , il est évacué vers l’arrière. Il reçoit des soins dans plusieurs hôpitaux pour des plaies contuses du médius et de l’annuaire gauche..

présenceAD 62, registre matricule

https://archivesenligne.pasdecalais.fr/v2/ad62/visualiseur/matricule.html?id=620532510&imgpage=frad062_1r_9304_0526.jpg&cote=1r_9304

 Liste des hôpitaux

Hôpital d’Alembert de Montevrain du 29 mai au 1 juin 1915

Hôpital Saint-Jean de Lagny du 4 juin au 24 juillet 1915

Hôpital n°60 à Beaugency du 25 juillet au 24 août 1915

Hôpital des convalescents de Romorentin du 24 au 27 juillet.

Parti en convalescence jusqu’au 4 septembre 1915.

Rentré au dépôt de Vannes, il sera muté, le 5 septembre 1915,  vers le 348ème ri, régiment de réserve du 148ème ri.

Le 1er avril 1916, il épouse Julie Caron.

mariage ad 62 et civ 3E040 54 vue 138Extrait de l'acte de mariage, AD 62, état civil, mariage 1916,

https://archivesenligne.pasdecalais.fr/v2/ad62/visualiseur/etat_civil.html?id=276588201

Profitant d'une permission, Oscar Barbry, alors sergent au 348ème ri épouse Julie Caron, servante née à Woringhen en 1891. Le couple n'établit pas de contrat de mariage.

Le régiment se bat dans le secteur de Verdun et le 8 juin 1916, le sergent Barbry Oscar  est déclaré disparu devant la ferme de Thiaumont (Meuse). Un secours de 200 fr est versé à son épouse le 13 décembre 1917.

barbry et ci arquesExtrait de son acte de décès AD62, reg. 3E 040/54 et citation, JO du 3/01/1924

bqarbry 3 janv 24

 

 

 

Sources

Mémoire des Hommes pour

JMO du 148ème ri et les fiches Mort pour la France

Voir dans le texte

Journal officiel Lois et décrets,

Archives départementales, matricules et état civil

Base Léonore voir dans le texte

Photos personnelles

Merci à Mrs M. Bazas pour son aide toujours efficace

Mr Le Garec pour la photo de Bozec Louis et de son épouse.

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Pour le 148ème régiment d'infanterie
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