Odyssée d'un régiment d'infanterie à travers le Soissonnais, septembre 1914
« C’est alors que nous devenons les chefs de la tribu».
Pour resituer l’odyssée de ces six hommes dans son contexte, il faut se remettre en mémoire les rapports de deux officiers, le capitaine Roques et le lieutenant Gane de Beaucoudrey.
voir http://148emeri.canalblog.com/archives/2020/04/02/38159172.html
Les grades de ces hommes sont ceux portés lors du combat du 1er septembre 1914
Le retour dans les lignes de ce groupe de six hommes
Qui sont donc ces six hommes ? Trois sous-officiers, deux caporaux et un soldat qui ne baissent pas les bras devant l’adversité, six hommes qui gardent le moral malgré le renoncement de leurs officiers. Ils s’appellent Van Laarhooven Paul, sergent et séminariste dans le civil , Dochler Benoît, caporal-fourrier, comptable à Charleville, Manesse Louis, sergent, employé de banque; Boutillier Louis, sergent et employé de commerce, Magdelaine Raymond, caporal et étudiant en art et Pernet Félix, soldat et étudiant à Londres. Parmi ceux-ci, trois ont laissé des commentaires sur leur périple. La comparaison de la version du capitaine Roques avec celles du sergent Van Laarhooven, du soldat Pernet et du caporal Magdelaine nous permettra d’appréhender le vécu d’un groupe d’hommes qui tentent d’échapper à l’ennemi. Ce faisant, nous avons décelé quelques dissimilitudes entre les différents rapports. « À chacun sa vérité » !
Tout commence à Coucy-le-Château
Le 1er septembre, le 148ème régiment d’infanterie qui, depuis la Belgique, retraite vers la Marne, est obligé de livrer combat à Coucy-le-Château afin de forcer le passage vers la ville de Soissons. Un combat disproportionné et qui n’est pas favorable aux armes françaises. Un terrible revers ! Des tués, des blessés, des prisonniers et nombre de disparus. Le soldat J. Degaugue témoigne de la confusion qui règne lors du repli. « Depuis midi, les Allemands qui occupent les crêtes nous tournent à droite. Au soir, les mitrailleuses sont à notre droite, à 100 m. On est encerclés. Des blessés avec bras arraché... Ordre de repli. Je fais le coup de feu mais inutile et impossible de tenir. Je me replie dans les derniers, blessés abandonnés. Sur la route, les obus pleuvent. Soif intense par cette journée de soleil. J’attends que la rafale soit passée pour traverser le pont qui est bien repéré. J’aide un adjudant-major à mettre à l’abri un fantassin qui a les deux jambes presque arrachées. Plus de 50 obus nous arrivent pendant ce temps. Où se replier? Personne ne le sait. Je rejoins le capitaine Massenet, je longe les bois à droite, il faut aller à Landricourt…. Obus pleuvent ».
http://148emeri.canalblog.com/archives/2020/01/03/37910379.html
Immédiatement après le combat, un premier bilan est dressé. Quelques 1500 hommes et 22 officiers manquent à l’appel et, selon la terminologie militaire, sont considérés comme disparus. Cependant, grâce à la volonté de certains chefs et à l’énergie des soldats, plus de la moitié de ces hommes rejoignent le régiment dans les jours qui suivent. Quant aux autres, ils sont capturés voire, ne voulant pas se rendre, tués dans différents engagements comme la 5ème compagnie du capitaine Renon, anéantie les 13 et 14 septembre.
Rejoindre en traversant les lignes ennemies
L’entreprise n’est pas sans risque, ni de tout repos : marcher de nuit, se cacher le jour, la nourriture qui manque, la fatigue qui s’accumule et la peur d’être découverts… Le capitaine Roques témoigne : « Obligés de marcher avec des précautions infinies, de nous arrêter constamment pour éviter le bruit et de changer à tout instant de direction pour éviter les sentinelles… obligés de faire à travers champs de nombreux détours pour ne pas tomber sur les nombreux bivouacs dont on voyait un peu partout les lueurs,». Faim, peur, fatigue, cette trilogie se confirme à la lecture de tous les témoignages. Le rapport du capitaine Roques : Le 3ème bataillon s’est fractionné et le capitaine se retrouve à la tête d’un détachement de plus ou moins une septantaine d’hommes. Après bien des vicissitudes, il décide de marcher vers l’Est en espérant trouver un moyen de passer l’eau. Malgré la faim, les hommes n’ont plus mangé depuis le 1er septembre au matin, (nous sommes le 4), la marche reprend. « Nous nous trouvâmes vers 3 heures du matin dans le ravin boisé à 2 km Ouest-Sud-Ouest de Nouvron-Vingré, au Sud de la cote 150 ». Pendant que les hommes dorment, les deux officiers, le sous-lieutenant Remy et le capitaine Roques, explorent les environs à la recherche d’informations et de nourriture. Ayant rencontré le tenancier de la ferme de Confrecourt, celui-ci, malgré le danger, prépare des pommes de terre bouillies et 2 douzaines d’œufs qu’il leur fait apporter à la nuit tombée avec une dizaine de kilos de pain. De plus, il fournit un guide qui, de nuit conduit le groupe vers Margival en passant par Tartier. C’est entre ces deux bourgs que le capitaine Roques rencontre le groupe « en civil pour la plupart avec le sergent Roussel »
contradiction: le sergent Van Laarhooven ne donne pas la même version de la rencontre. Qui a pris l’initiative de rencontrer l’autre ?
Le groupe Van Laarhoven
Coucy-le-Château, 1er septembre, fin du combat. La 9ème compagnie du lieutenant Gane de Beaucoudrey s’est retirée laissant le sergent Van Laarhooven, en arrière afin de panser et de mettre en lieu sûr les blessés de la compagnie. « Après avoir placé les blessés en lieu sûr », le sous-officier, ayant pris du retard, ne peut rejoindre avec les quatre hommes qui l’ont aidé dans sa mission. Cherchant à retrouver sa compagnie et informé par les villageois, il se dirigea vers l’ouest de Coucy-le-Château où il rencontre« le sergent-major Roussel et quelques hommes de la 9ème compagnie, le sergent-major s’étant mis en civil, refusa de prendre le commandement du groupe ». Ce groupe fort d’une douzaine d’hommes se dirige alors, sous la conduite du sergent van Laarhoven, vers Soissons. Après avoir marché une grande partie de la nuit « la fatigue le contraignit à s’arrêter dans un petit bois en bordure de la route près de Tartiers ». Le lendemain, parti avec un homme en repérage, il rencontre un fermier qui, « alors que les Allemands occupaient le pays », accepte de les cacher dans une grange où le petit groupe se tint coi pendant quatre jours. La nuit du 4ème jour, ayant appris qu’un groupe du 148ème passait à proximité, il part à sa recherche. (C’était le capitaine Roques). Ramené à la ferme, ou « chacun fut admirablement ravitaillé », un dernier repos est pris. Ce regroupement forme maintenant un détachement fort d’une petite centaine d’hommes sous le commandement du capitaine Roques. Après cette brève halte réparatrice, ce dernier décide de reprendre la route.
La marche reprend
Profitant de la nuit, le groupe reprend sa route en direction de Reims. Une marche pendant cinq nuits pour arriver à Beaule-et-Chivy, là où la troupe apprend que Reims est tombé, depuis le 3 septembre, aux mains de l’ennemi. Le détachement est à bout de force, à peine nourri, il a marché tout un jour et quatre nuits consécutives, la plupart des hommes sont incapables de marcher encore la nuit suivante. Le capitaine Roques, vu la situation ne voit qu’un seul moyen de s’échapper, « se disperser par petits groupes qui trouveront peut-être à vivre et passeront inaperçus ». Et, explique le sergent Van Laarhooven, « il nous tint à peu près ce langage »! « Je comptais gagner Reims avec vous mais j’apprends que depuis près de 5 jours, les Allemands occupent la ville. Nous sommes ici dans des régions pleines d’Allemands, d’ailleurs je n’ai plus d’argent, je ne puis donc plus vous ravitailler. Liberté de manœuvre pour chacun ». Et de partir accompagné de l’adjudant (du bataillon) conseillant à ceux qui veulent se rendre, « d’attendre le lendemain pour ne pas inquiéter le départ de ceux qui devaient tenter de s’échapper ».
Le caporal Magdelaine, cycliste auprès du capitaine Roques, témoin de la chose, traduit son émotion « Eh bien c’était triste à entendre cette petite allocution, le capitaine va à la ferme à l’entrée du village (Beaulne-et-Civy), il n’est pas revenu. Il a traversé les lignes et je l’ai retrouvé commandant le bataillon à Berry-au-Bac le 21 septembre ». Le lieutenant Remy a lui aussi tenté l’aventure de son côté.
Chez les hommes de troupes restés dans l’attente… « C’est alors que nous devenons les chefs de la tribu, nous formons l’Etat-Major et c’est vers nous que se tournent ces pauvres diables nous suppliant de ne pas les planter là. Ils ne veulent pas comprendre que l’heure est venue de se séparer pour essayer par petits groupes de traverser les lignes ». Le découragement est général. La nuit porte conseil dit-on ! Mais au matin, le mal a rongé les esprits ; certains parlent de se rendre ce qu’ils firent d’ailleurs, d’autres se répandent en plein jour dans le pays occupé essayant de passer à travers les mailles du filet ». Il ne reste que cinq hommes pour suivre le « sergent séminariste ». Ce petit groupe quitte le bois qui n’offre plus une retraite sûre. La région regorgeant « de carrières abandonnées, très profondes et très logeables » les six hommes cherchent à se réfugier dans l’une d’elles. Mais les villageois ne sont guère accueillants, c’est qu’il est dangereux d’aider les pantalons rouges. Malgré tout, une paysanne, bien que réticente, leur ayant donné un peu de ravitaillement, leur indique le chemin à suivre pour rejoindre « une carrière abandonnée dont l’entrée donne sur un petit bosquet (sur le chemin de Moussy à Courteçon, à la sortie Nord Ouest de Beaulne) ». La carrière explique Georgette Bourdin, « était à la fois bien et mal placée. Sur une hauteur, elle dominait les alentours mais elle était également vue de tous côtés » Un chemin à pic entre les genévriers mène à la carrière. Cherchant une solution à leur problème, les fugitifs trouvent une aide appréciable auprès des Bourdins, une famille du village qui s’offre pour aider ces hommes perdus. « Nous confions quelque menue monnaie à ces braves gens les priant de nous procurer du lard des p de t, bougies et allumettes… ».
Georgette Bourdin, leur fille, vient immédiatement leur porter un panier de provisions contenant un poulet et du pain « que nous dévorons ». Les nouvelles apportées par la demoiselle ne sont pas bonnes, « « elle nous apprend que déjà soixante des nôtres se sont rendus et sont enfermés dans l’église de Bourg ». Le ravitaillement suit quotidiennement et, raconte la jeune demoiselle : « J’ai ravitaillé pendant une dizaine de jours le groupe de soldats cachés dans la carrière sur la colline au-dessus du village. j’ai trouvé tout naturel de faire cela pour des Français qui ne voulaient pas se rendre, aidée en cela par ma mère qui allait chaque jour au pays voisin chercher le pain et les provisions nécessaires n’ayant au village aucune ressources que celles de la basse-cours et du jardin ».
Le curé de Troyon (village voisin) vient leur rendre une visite et leur apporte un certain réconfort
« sortant de dessous sa soutane un flacon de vieux kirsh… ».
Le danger menace néanmoins ces hommes car les carrières sont fouillées par les Allemands qui les enfument avec du soufre afin d’en faire sortir les éventuels occupants. La quiétude s’installe néanmoins parmi les hommes qui commettent quelques imprudences. « Pendant que nous causons tranquillement enveloppés dans la fumée bleue de nos cigarettes, des uhlans passent à quelques mètres d’eux heureusement sans les remarquer »! Plus tard, explique encore le caporal Magdelaine « J’étais en train de faire dorer des pommes de terre sur un petit feu de bois quand un uhlan (précédent une petite troupe) passe à quelques mètres sur le chemin descendant vers le village. Je me précipite sur la gamelle, un autre éparpille le feu et en une seconde, nous sommes tous dans la grotte ». Depuis leur observatoire, les fugitifs observent de nombreux mouvements de troupes ennemies sur le chemin des Dames. « Serait-ce la retraite allemande » ?
Le soldat Pernet décrit la situation
« Le canon gronde de plus en plus fort. Nous entendons distinctement le tac-tac des mitrailleuses Maxim ; deux pièces se mettent en batterie à l’entrée de notre caverne. Le sifflement des balles se fait entendre, nous sommes tapis derrière des rocs, les servants boches, après un ordre partent précipitamment emportant comme des civières leurs deux Maxims. Deux soldats tirent sur les nôtres. Nous n’y tenons plus, Magdelaine et moi nous bondissons sur eux et nous leur faisons le coup du père François et les désarmons ». Emmenés à l’intérieur de la caverne, les deux Allemands expliquent que la retraite allemande est amorcée.
Pendant la présence des Allemands, les fugitifs ne furent pas ravitaillés, la faim se fit cruellement sentir.
« Il doit y avoir 24 heures, peut-être 48 Oh oui, il y a bien cela et une discussion s’engage d’où il ne jaillit aucune lumière. Nous nous décidons à toucher à notre réserve de vivre : un œuf, trois carottes crues avec un petit croûton de pain et un morceau de lard gros comme la moitié de la main. Nous le coupons en deux et prenons chacun un sixième de ce morceau puis nous répétons la même opération avec le pain ; il faut mettre le reste de côté ».
Une différence dans ces deux récits. Si l’on s’en réfère à celui du sergent Van Laarhooven qui rapporte que «les Allemands vinrent s’installer dans la caverne et y placer une mitrailleuse… le sergent van Laarhooven (il parle de lui à la troisième personne) résolut de voir un peu ce qui se passait, il vit à l’entrée de la caverne deux Allemands. Il en rendit compte à ses camarades leur disant qu’il était disposé à s’en emparer afin d’obtenir par eux quelques renseignements. Ce qui fut dit fut fait. Nos deux Allemands surpris de notre visite ne firent aucune résistance. Ils nous apprirent que les Français arrivaient à quelques distance, c’étaient des Anglais » Traversant la ligne de feu, on se dirigea avec nos deux prisonniers jusqu’aux lignes anglaises d’où on nous dirigea non sans peine jusque Fismes et de là à Berry-au-Bac.
« Non sans peine » lit-on dans son rapport officiel.
Le sergent Pernet continue
« Les Allemands se replient, entraînant nos deux captifs, nous faisons un bond vers nos alliés. Un lieutenant anglais à qui j’explique dans sa langue maternelle qui nous sommes et d’où nous venons, n’en veut rien croire. il m’affirme avec énergie que nous sommes des Allemands déguisés en soldats français et que nous ne valons pas plus cher que les deux fritz en uniforme. Je lui demande un peu d’eau pour mes camarades. pour toute réponse, il nous ordonne ainsi qu’au deux Boches de relever les brancardiers anglais fatigués. Après deux heures de ce travail pénible, nous n’en pouvons plus et je lui demande d’avoir pitié de nous. Sous bonne garde et sous les huées des soldats anglais qui persistent à nous prendre pour des espions, nous sommes conduits au poste de commandement qui se trouve au château de Verneuil où heureusement pour nous, se trouve un officier de liaison français qui, après quelques questions, se rend compte de notre bonne foi. Il nous apprend que notre régiment est du côté de Fismes et le 15 nous retrouvons notre cher régiment dans les bois de Gernicourt. Le 16 nous attaquons Berry-au-Bac ».
Qui sont ces hommes aux destins singuliers
Mémoire des Hommes, sa fiche Mort pour la France
Van Laarhoven Paul, fils de feu Eugène et de Landaes Marie est né le 28 juin 1891 rue des Bleuets à Saint-Omer (Pas-de-Calais). Il est étudiant ecclésiastique, degré d’instruction 5.
Il est incorporé au 148ème ri le 8 octobre 1912 comme soldat de 2ème classe. Caporal le 15 avril 1913 puis sergent le 7 novembre de la même année. Le 6 octobre 1914, par décision ministérielle, il est nommé sous-lieutenant à titre temporaire. Il est remarqué lors du combat de la cote 108 en menant son peloton à l’assaut puis au combat de la ferme du Luxembourg où, malgré une blessure par balle à la tête, il continue à entraîner ses hommes à l’assaut des lignes ennemies. Le 27 juin 1915 par décision du général en chef, après le combat de Quennevières, il est promu lieutenant à titre temporaire. Il part en Orient en novembre 1915 et est nommé lieutenant à titre définitif le 5 juillet 1916. Comme beaucoup de soldats, il est atteint de paludisme. Il en décèdera le 5 juillet 1917 à l’ambulance de la colonne mobile 122 (accès pernicieux de paludisme).
van Laarhoven, Van Laarhooven ou Vanlaarhoven selon les sources
Journal officiel lois et décrets, citation
Magdelaine Raymond, fils d’Emile et de Jeanne Trélas, 47 rue Jacob à Paris 6ème, est né le 26 août 1893 à Paris et est étudiant en art décoratif, niveau d’instruction 4. Il obtientun sursis pour terminer ses études. Il mesure 1,87m, une taille inhabituelle pour l’époque. Incorporé au 148ème ri le 29 novembre 1913 comme soldat de 2ème classe, il est nommé caporal le 23 juin 1914 puis sergent le 24 octobre suivant . Promu sous-lieutenant de réserve par décision ministérielle du 15 octobre 1917, il rejoint le 84ème ri présent en Orient (aux côtés du 148ème ri, dans la 122ème division) et s’y fera de nouveau remarquer pour sa bravoure. Il sera démobilisé le 25 août 1919 pour reprendre la direction d’un hôtel à Londres puis à Paris.
Journal officiel lois et décrets, citation
Pernet Félix, fils de Félix et de Wutkriche ( ?) Anna, résidant 2 rue des Jardins à Nogent-sur-Marne, est né le 10 décembre 1892. Étudiant, il réside à Londres, 12 Foalses Road et (conjointement avec ses études ?), exerce la profession de rédacteur au Daily Mail.. Son bilinguisme le servira pendant la guerre. Incorporé au 148ème ri le 10 octobre 1913 comme soldat de 2ème classe. Caporal le 16 octobre 1914 puis sergent le 24 octobre suivant, il est promu sous-lieutenant de réserve à titre temporaire le 12 novembre 1914. Novembre 1915, il suit le régiment en Orient et y est blessé le 20 novembre 1915.
Rapatrié en France pour recevoir des soins, il sort de l’hôpital le 4 janvier 1916. Suit une longue convalescence car on ne le retrouve « aux Armées » qu’en novembre 1916. Il ne rejoindra plus le 148ème ri. Passé au 116 ème ri le 12 novembre 1916 comme sous-lieutenant de réserve à titre définitif jusqu’en novembre 1918, il est, comme officier informateur, affecté à l’état-major de la 20ème région. Il assure la liaison entre la 81ème division américaine et l’unité voisine. Bien que démobilisé le 2 novembre 1919, il rempile et continue une carrière militaire. Décoré croix de guerre avec 2 étoiles d’argent, 1 palme et 1 étoile de bronze. Chevalier de la Légion d’honneur le 16 juin 1920
Pour ces trois officiers voir la page (en préparation) sur leur présence en Orient.
Manesse Louis fils de feu Jules et de Dupont Berthe, il est né le 30 juin 1891 rue Faidherbes à Fourmies (Nord). Il exerce la profession d’employé de banque. Incorporé au 148ème ri le 10 octobre 1912 comme soldat de 2ème classe, il passe caporal le 5 février 1913 puis sergent le 7 novembre de la même année. Le 11 janvier 1911, il est nommé adjudant.
Mémoire des Hommes, fiche Mort pour la France
Il est tuéà l’ennemi sur le champ de bataille (bois du Luxembourg) le 17 février 1915 en allant porter secours à un de ses hommes blessé : « ayant porté brillamment sa section en avant, celle-ci étant obligée de stationner sous le feu de l’artillerie, a cherché a abriter ses blessés en en portant un à l’abri. A été mortellement blessé » Décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze.
Un secours de 200 fr est versé le 7 juin 1915
voir http://148emeri.canalblog.com/archives/2021/04/14/38919207.html
Jmo du 148ème fonction de sergent fourrier
Boutillier Louis, fils de feu Auguste et de Deléneuville Marie, est né le 3 novembre 1891 à Gondecourt (Nord) . Il est employé d’industrie, un degré d’instruction de 3. Il est incorporé au 148ème ri le 9 octobre 1912 comme soldat de 2ème classe à la 12ème compagnie.
AD du Nord, bureau de Cambrai, classe 1913, n° 3151
soldat de 1ère classe le 30 août 1913, caporal le 7 novembre suivant et enfin sergent-fourrier le 2 août 1914. Le 16 octobre 1914, il est nommé sergent-major. Présent au 148ème ri du 3 août au 11 novembre 1918, il sera de tous les combats ; à Dinant le 15 août, à Namur les 22 et 23 août 1914, Coucy-le-Château le 1er septembre avant de faire partie de ce groupe d’égarés. « faisant partie d’un détachement séparé du gros du régiment au cours d’un combat très violent a surmonté pendant 14 jours les plus grandes fatigues et les plus grandes privations au milieu des lignes ennemies et a réussi à rejoindre son régiment pour y reprendre immédiatement sa place au combat ». Puis ce sera Berry-au-Bac, Sapigneul, la cote 108, Ferme du Luxembourg, Bois de la Mine, Quennevières… Il aura tout connu. Parti le 1 novembre 1915 en Orient, il restera au 148ème jusqu’au 1er octobre 1918 puis connaîtra une autre affectation au 127ème ri jusqu’au 1er avril 1919. Démobilisé le 23 juillet 1919, il reprendra son emploi d’employé de bureau.
Décoré de la Croix de guerre, étoile de bronze et étoile de vermeil et cité à l’ordre de l’armée
Mémoire des Hommes, fiche Mort pour la France
Dochler Benoit
fils de Benoit et de Lemaire Marie, est né le 24 février 1891 à Mézières (Nord) Il est employé de banque et a un degré d’instruction de 3. Marié (avant son service) à Jeanne Radu, couturière, il est considéré comme soutien de famille lorsqu’il incorpore le 148ème ri le 8 octobre 1912 comme soldat de 2ème classe. Soldat de 1ère classe le 30 août 1913, nommé caporal le 1er octobre de la même année puis sergent-fourrier le 1er octobre 1914. Il est tué à l’ennemi à Berry-au-Bac le 11 ou 12 novembre 1914. Un secours de 200 fr est versé à Madame Veuve Dochler Jeanne, son épouse.
Acte de décès du soldat
Sources
Grâce à l'intervention de M. J. Buttet, historien, nous avons pu entrer en possession d'une publication faite par le Général Vignier, alors lieutenant-colonel commandant le 148ème ri. Ce document apporte quelques éléments qui éclairent différemment les rapports remis par les officiers concernés en septembre 1914. Une comparaison s'imposait.
Société Archéologique, Historique et Scientifique de Soissons
Mémoires/Bulletins de la société Historique de Soissons,
Saison 4 volume 4
p.9 et svv, Odyssée d'un régiment d'infanterie à travers le Soissonnais, Vignier, Général.
De même pour le rapport du lieutenant Gane de Beaucoudrey, il y aura une autre page afin d'éclairer différemment le périple de ce groupe (en préparation)
Merci à M. J. Buttet
Mémoire des Hommes, JMO du 148ème ri et Fiches Mort pour la France
Dochler Benoît, en date du24 mai 2021
Archives départementales des Ardennes, Etat civil décès 1919, 2E105229 transcription du décès.
Archives départementales des Ardennes, matricules, 1911, 1R 240
Journal officiel, Lois et décrets citations des hommes.



