Des soldats dont on parle dans le JMO
On en parle (Ville-au-Bois et Bois de la Mine)
Le départ du secteur de Ville-au-Bois, commentaire du lieutenant-colonel Vigier
« Au moment où le régiment quitte le secteur de Ville-au- Bois, le lieutenant-colonel tient à remercier tous les officiers, sous-officiers, caporaux et soldats de l’entrain, de la bonne humeur et de l’endurance dont le régiment a fait preuve pendant les quinze jours qu’il a passés à remettre en état de défense un secteur dont l’ennemi avait enfoncé une porte. Il signale tout particulièrement la façon dont on a clôturé les travaux en allant en plein jour reprendre un poste d’écoute et des tranchées où l’ennemi avait laissé une grande quantité de matériel. A tous, il adresse ses plus sincères remerciements ».
Et de citer quelques-uns de ses hommes dont le comportement pendant cette période a été remarqué.
Les hommes en patrouille, extrait JMO
L’aspirant Ythier
Il sera remarqué pour avoir conduit une patrouille et en s’emparant d’un poste d’écoute ennemi. Pour son parcours, voir
http://148emeri.canalblog.com/archives/2021/10/21/39186332.html
Le déroulement de la patrouille
Le sergent Plaquin Gaston
Joseph Degaugue en parle dans ses notes
« Notre popote installée dans une maison abandonnée marche très bien grâce à son chef Emile Diare( Diard, nous en parlerons), armateur qui vient des Sénégalais. Il fait très froid dans ce grenier. Enfin on peut se laver et faire laver son linge et se ravitailler. On mange bien, jambon, œufs, poulets saucisses etc. On vit en famille. Plaquin Gaston nous amuse avec ses réparties ».
Fils de Jules et de Blanche Palvassier, Gaston Plaquin est né le 28 octobre 1892 à Paris où il exerce la profession de serrurier. Incorporé à partir du 8 octobre 1913, il arrive au 148ème ri comme soldat de 2ème classe. Nommé caporal le 15 avril 1914, la guerre est déclarée alors que son service n’est pas encore terminé. Il part en campagne avec la 1ère compagnie et entre en Belgique dès le 6 août. * (voir note 1)
A Berry-au-Bac, il est nommé sergent, le 11 octobre 1914, Lors de la présence dans le secteur de Ville-au-Bois, il est cité à l’ordre de la brigade pour sa participation, avec d’autres soldats de la 1ère cie, à la patrouille de l’aspirant Ythier. Puis ce sera le terrible combat de Quennevières, il en sort indemne, avant un dernier retour, en septembre, à Berry-au-Bac.
La liste des pertes pour le 16 septembre 1914
Il y est blessé le 16 septembre 1915, alors que son bataillon travaille en première ligne, le tir des mitrailleuses ennemies et de l’artillerie occasionnent quelques pertes, on le compte parmi les pertes. Blessé, une plaie en séton au genou droit par balle, il est évacué vers l’arrière. Une blessure nécessitant des soins spécifiques qui le tiendront assez longtemps loin du front. De ce fait, il ne sera pas encore rétabli lorsque le 148ème ri embarque à Toulon en direction de l’Orient.
Et les autres membres de la patrouille
Le caporal Prillieux Eugène
Fils de Jacques et de Constance Alexandre est né le 11 mai 1892 à Reims. Il intègre le 148ème ri le 8 octobre 1913 comme soldat de 2ème classe et passe soldat de 1ère classe le 24 juin 1914. A quelques semaines de sa démobilisation. Hélas, la guerre viendra le surprendre alors que son instruction n’est pas terminée. Il part donc aux armées et entre en Belgique, le 6 août 14 avec la 1ère compagnie. * (voir note 1)
Extrait du JMO, le caporal devenu sergent
Il est donc de la patrouille de l’aspirant Ythier et sera cité pour son courage et son audace. Le 17 juin 1915, au lendemain du terrible combat de Quennevières, il est nommé sergent. Le 1er novembre 1915, il embarque à Toulon, en route vers l’Orient et les combats en Grèce, Serbie. Il sera encore distingué par son attitude face au feu. « Un soldat audacieux » dit-on de lui. Le 31 mai 1917, chargé de préparer des brèches dans un double réseau de fil de fer, « s’en est acquitté avec un sang-froid remarquable sous un violent jet de grenades et a permis le passage de sa section qui s’est emparée d’une tranchée ». Mais le lendemain, 1er juin, lors de la réplique ennemie, il est blessé et évacué le 6 juin vers la France. Il ne retournera pas en Orient.
Le caporal Joly Pierre
Sa fiche Mort pour la France et sa citation pour son action
Fils de Désiré et de Loucheux Adèle, Pierre Joly est né le 29 juillet 1894 à Wallers (Nord). Il est chaudronnier en fer. Malgré son jeune âge, il fait déjà preuve d’un certain cran car « Appartenant à une classe non encore appelée sous les drapeaux et resté en territoire envahi, il n’a pas hésité malgré les menaces et sanctions très dures des autorités allemandes à quitter une localité occupée par l’ennemi et a réussi au prix de grands dangers et de privations à franchir les lignes ennemies pour venir remplir son devoir envers la patrie ».
Et le 14 septembre 1914 (classe 14) il rejoint le dépôt de Vannes et incorpore le 148ème ri comme soldat de 2ème classe. Après 5 mois d’instruction, il rejoint, comme soldat de 1ère classe, la 1ère compagnie du 148ème ri. le 13 février 1915. Il n’a donc pas vécu les premiers mois de guerre au sein de cette compagnie. Caporal le 4 mars suivant, il sera encore remarqué lors de cette patrouille et cité à l’ordre du régiment. Il sera encore présent à Quennevières et à Berry-au-Bac en septembre. Le 1er novembre 1915, embarquant à Toulon, il part avec le 148ème ri pour l’Orient. Il combat les Bulgares en Serbie. Les maladies autant que les combats déciment les rangs, il décède le 27 février 1918 à l’hôpital temporaire n°1 de Zeitenlick (Grèce) d’une anémie palustre.L'acte de décès (état civil) nous apprend que la mort fut constatée par deux infirmiers dudit hôpital ainsi que par Philippe Janot; officier gestionnaire. Un secours de 150 fr sera payé à son père le 26 août 1919.
Le soldat Stordeur Emile
Fils de feu Eloi et de feue Gras Adèle, Emile Stordeur est né le 8 février 1890 à Marly (Nord). Orphelin, il a comme tuteur son frère Stordeur César. Il est mortaiseur lorsque la conscription l’appelle. Il est incorporé au 148ème ri, le 9 octobre 1911, soldat de 2ème classe. Le 8 novembre 1913, il est mis dans la réserve avec le certificat de bonne conduite. La guerre éclate, il est rappelé à l’activité le 3 août et le 6 août, monte en Belgique avec la 1ère compagnie. * (voir note 1)
Le 19 mai 1915, à Berry-au-Bac, « au cours d’une violente attaque a fait preuve d’un sang-froid et d’un courage remarquables en montant sur le parapet de la tranchée et en lançant des grenades sur l’ennemi qui essayait de s’emparer d’un poste d’écoute ».
Le 30 mai 1915, comme volontaire, il fait partie de la patrouille qui, en plein jour, est allée mettre la main sur un poste d’écoute allemand, faisant preuve en cette circonstance du plus grand courage.
Le 17 juin 1915, au lendemain des combats de Quennevières, il est nommé caporal. Le 1er novembre 1915, au départ de Toulon, c’est l’embarquement vers l’Orient. Que s’est-il passé au mois de février 1916 ? Il est cassé de son grade et remis soldat de 2ème classe ( ?) pour être le jour même nommé soldat de 1ère classe. Le 24 septembre 1917, c’est le retour en France. Il ne reviendra plus en Orient.
Note 1 Un parcours commun pour trois de ces quatre hommes, Le soldat Stordeur et le caporal Prillieux Eugène et le sergent Plaquin Gaston avec la 1ère compagnie depuis le début de la campagne.
La 1ère compagnie,
Le 6 août 1914, l’entrée en Belgique. C’est la 1ère compagnie du capitaine Delahaye qui ouvre la route à suivre par le régiment. De glissement en glissement vers le Nord, la compagnie, toujours en flèche, cantonne dans les villages mosans ayant des points de passage sur le fleuve. Anseremme, Dinant, Bouvignes, Anhée, Hun, Annevoie-Rouillon et enfin Rivière-Burnot.
Le 23 août 1914, elle décroche et commence son repli. C’est la difficile retraite vers la Marne qui commence, avec le 1er septembre, le combat de Coucy-le Château. Le baptême du feu pour ces hommes : « A peine engagée sur la route qui traverse la forêt, la 1ère compagnie du lieutenant Thanneur, en avant-garde, est confrontée à un feu nourri de mitrailleuses et d’artillerie » dont les balles et les obus de 77 blessent et tuent quelques hommes. Puis ce sera la remontée vers L’Aisne.
Septembre-Novembre 1914, défendre Berry-au-Bac, prendre et conserver la cote 108, la ferme de Choléra, les pertes augmentent. Lors de la prise de la cote 108 la 1ère cie monte en ligne afin d’appuyer les 2ème et 3ème compagnies, et à 80 m des tranchées allemandes, le clairon sonne la charge. Ce sera l’assaut baïonnette au canon.
Delva Arthur,
Fils de Théodore et de Tuyeau Catherine est né le 24 juin 1884 à Rocroi (Ardennes) et est mouleur de profession lorsqu’il est appelé par la conscription. 1904, il est dispensé comme aîné de 7 enfants et incorpore le 1er régiment des Zouaves à compter du 8 octobre 1905, comme zouave de 2ème classe, passé 1ère classe le 16 septembre 1906. Il découvre l’Afrique du Nord car le régiment est en garnison à Alger. Bien que stationné en Algérie, le régiment participe aux opérations militaires dans la région de Casablanca (Maroc). Un service militaire écourté du fait de sa situation familiale. Le 18 septembre 1906, il passe dans la disponibilité avec le certificat de bonne conduite. 1907, sa situation familiale ayant évolué, il perd ses droits à la dispense et est rappelé à l’activité au 148ème dès le 4 février 1907. Il preste encore une année comme soldat de 1ère classe avant d’être, cette fois, envoyé définitivement dans la disponibilité le 4 février 1908, le certificat de bonne conduite accordé, avant de passer dans la réserve le 1er octobre 1908. Il preste une période d’exercices au 148ème ri du 25 août au 16 septembre 1910. Août 1914, rappelé, rejoint le 148ème ri le 3 août. Il reçoit son baptême du feu à Yvoir, le 23 août. Le capitaine est tué ainsi qu’une dizaine d’hommes et il y a autant de prisonniers. C’est le repli compliqué vers la Marne et le combat de Coucy-le-Château, la 4ème cie y subi le feu des mitrailleuses ennemies, puis c'est le retour sur Berry-au-Bac. Septembre les combats de Berry-au-Bac, la cote 108, la ferme Choléra…. L’attaque sur Choléra, la 4ème cie participe à l’arrêt d’une contre-attaque allemande, deux officiers tués et 11 hommes restés sur le terrain, d’autres sont blessés. Blessé le 16 septembre 1914, il est soigné à l’arrière jusqu’au 10 octobre suivant et rejoint le régiment le 11 du même mois. Il est de nouveau blessé le 31 octobre, il est évacué et ne rejoint le régiment que le 14 mars 1915. Il est présent à Ville-au-Bois et s’y comporte encore d’une belle façon. « Chargé de tenir un boyau derrière un barrage de sacs de terre, assailli brusquement à coups de grenades, a débarrassé le boyau en ripostant vigoureusement et de suite. Avait le matin du 16 mai abattu un officier allemand venu en reconnaissance dans le boyau dont il avait la garde ». Arrive le premier hiver dans les tranchées, les pluies de décembre 1914 engendrent une crue violente de l’Aisne. Le combat de la ferme de Luxembourg, pour la première fois, la compagnie est vraiment en réserve.
Le régiment fait mouvement vers Ville-au-Bois, un secteur autrement dangereux. Il est cité pour son courage. Ensuite ce sera le combat de Quennevières, le 16 juin 1915.
Dans la liste des blessés à Quennevières
Il est parmi les centaines de blessés. Evacué vers l’arrière, il y est soigné jusqu’au 16 juin 1916. Une année de soins. Durant sa convalescence, il est envoyé à la manufacture nationale d’armes à Châtellerault du 31 janvier au 15 février 1916. Du fait de son âge et ou de sa santé, il ne rejoindra pas le 148ème ri parti en Orient mais sera de nouveau détaché du 16 février 1916 au 2 avril 1919 à l’usine Bazin à Surennes (Seine).
Des observateurs
Andry Gaston,
Fils de Vincent et de Martin Joséphine, est né le 21 août 1894 à Laon (Aisne) mais réside à Bruxelles où il exerce la profession de sténodactylo. Il fait partie de la classe 14 et arrive au corps (dépôt de Vannes) le 2 septembre 1914. Après une instruction abrégée par les besoins en hommes, il rejoint le 148 ri en novembre 1914. Le bleuet sera remarqué par sa témérité. Mai 1915, il est resté 18 heures en observation au sommet d’un arbre situé à 50 m des tranchées ennemies fournissant des renseignements sur les forces ennemies. Le 16 juin 1915, le régiment se bat à Quennevières, il est nommé caporal le lendemain du combat. Après un dernier passage à Berry-au-Bac en septembre 1915, c’est, le 1er novembre, au départ de Toulon, l’embarquement pour l’Orient.
Le mois de novembre 1915 ne lui est guère favorable. Il est blessé deux fois, la première blessure, le 14 novembre 1915 à Mrzen (Serbie) plaie à la main gauche par balle et le 27 novembre suivant blessé grièvement en tenant avec quelques hommes le débouché d’un village. Le 19 novembre 1917, il est rapatrié en France (permission ?) et, nommé sergent le 2 avril 1918, il passe le 20 juillet suivant au 43ème ri. Il sera démobilisé le 2 septembre 1919.
Geulin Henri,
Ce n'est pas son seul fait de bravoure
Fils de feu Edouard et de mère non dénommée, est né le 20 mai 1892 au Havre (Seine Maritime) et exerce la profession de journalier lorsqu’il est appelé sous les drapeaux le 9 octobre 1913. Il obtient un sursis d’arrivée de 15 jours pour maladie. Le 20 octobre, il est réformé temporairement par la commission de réforme du Havre pour fracture du bras. Rappelé à l’activité le 9 août 1914, il ne rejoint le 148ème ri que le 20 février 1915. Dans le secteur de la ferme de la Pêcherie, il est très vite remarqué pour sa tenue face au danger. Lui-aussi est resté au sommet d’un arbre afin d’observer l’ennemi et « fournir des renseignements précis sur l’effectif, la composition et la relève des troupes allemandes ».
Puis ce sera le combat de Quennevières, le retour à Berry-au-Bac en septembre où, le 25, il est nommé soldat de 1ère classe. Le 1er novembre, à Toulon, il embarque pour l’Orient. Lors des combats du mois de novembre 1915, il est cité pour sa témérité ; « au cours du combat du 20 novembre est allé sous un feu violent chercher un blessé à proximité de l’ennemi ».
Le 12 août 1916, lors d’une patrouille dans le secteur de Mayadoz (Grèce), il est blessé par balles « s’étant porté spontanément devant son officier dans un passage dangereux, a été blessé très grièvement » ; (une balle pénétrant du pectoral gauche aux muscles de la partie abdominale gauche).
« Laissé pour mort à proximité des lignes adverses, il a eu l’énergie de se traîner 400 mètres dans un terrain des plus difficiles afin d’échapper aux recherches de l’ennemi ». Soigné dans un premier temps en Grèce, il est néanmoins évacué le 12 août 1916 vers la France, (rentré en France le 22 août) pour y recevoir des soins plus appropriés. Après sa convalescence, il rejoint le dépôt de Vannes le 12 janvier 1917. Il ne rejoindra plus le 148ème ri.
La Croix de guerre avec palme comme récompense!
Au poste d’écoute
Pennanec’h Hervé
Fils de feu Pierre et de Marie Catherine Quintin, Hervé Pennanec’h est né le 29 avril 1882 à Briec (Finistère) et est carrier de profession.
Le 16 novembre 1903, il intègre le 128ème ri comme soldat de 2ème classe. Caporal le 19 septembre 1904, il est envoyé dans la disponibilité le 18 septembre 1906 avec le certificat de bonne conduite. Il preste deux périodes d’exercices au 118ème ri ; la première du 26 août au 7 septembre 1909 et la seconde du 24 avril au 4 mai 1911. Bien que marié et père de 4 enfants, il est, à 32 ans, rappelé à l’activité le 12 août 14. Il suit une instruction jusqu’au 20 octobre 1914. Il rejoint le 148ème avec le renfort du 23 octobre 1914. Les combats font rage dans et autour de Berry-au-Bac, le bourg à défendre, la cote 108, Sapigneul, la ferme de Choléra…. il sera bien vite mis devant la réalité du front. Le baptême du feu le surlendemain de son arrivée. Il passe son premier hiver dans les tranchées puis il sera présent à la ferme du Luxembourg avant le secteur de Ville-au-Bois.
Il y est blessé le 12 (ou le 16) mai 1915 et cité à l’ordre de la brigade. « Le caporal Pennanec’h Hervé qui est resté pendant 1h30 au poste d’écoute en but aux grenades lancées par l’ennemi. Blessé, il n’a quitté son poste que sa mission terminée ». Evacué vers l’arrière pour une balle dans l’épaule qui lui a fracturé la clavicule, il sera soigné jusqu’au 6 août 1915 et reprend sa place dans la compagnie. Après un dernier séjour devant Berry-au-Bac, il embarque le 1er novembre 1915 à Toulon à destination de l’Orient, il y fera une campagne complète et mis en congé illimité de démobilisation 1er février 1919.
Les téléphonistes
Poulain Charles
Fils de François et de Desprès Amélie, Charles Poulain est né le 15 novembre 1891 à Masny (Nord). Il est chaudronnier de profession lorsqu’il est appelé à la conscription en 1911. Mis en sursis d’incorporation pour « intérêt de famille », il ne sera incorporé au 148ème ri que le 8 octobre 1913. Suite à la déclaration de la guerre, sa classe, dont l’instruction vient à peine de débuter, partira aux armées le 2 août 1914. Insuffisamment préparée ! C’est la campagne en Belgique puis la retraite vers la Marne, le combat de Coucy-le-Château, la remontée vers L’Aisne, Berry-au-Bac, la cote 108, Sapigneul, les fermes de Choléra et du Luxembourg et, après un hiver rigoureux dans les secteurs de la ferme de la Pêcherie, ce sera encore Ville-au-Bois où il se fait remarquer pour son comportement au feu : « sous un feu violent dans un terrain bouleversé par des projectiles de toute nature a réparé la ligne téléphonique conduisant à la première ligne ». Il sera encore présent à Quennevières et après un dernier passage à Berry-au-Bac, il embarque Le 1er novembre 1915, à destination de l’Orient pour arriver à Salonique le 5 novembre 1915. Le JMO indique Toulon comme port de départ, sa fiche matricule indique Marseille. Les combats en Serbie ! Etonnamment au vu de ses faits d’armes, il ne sera nommé soldat de 1ère classe que le 19 mars 1917. Il revient en France lors d’une première permission le 20 août 1917 et réembarque à partir de Tarente le 15 octobre 1917 pour arriver à Salonique le 18 suivant. Le 1er janvier 1918, il quitte le régiment.
A partir de 1917, les renforts destinés aux armées d’Orient ainsi que les retours des permissionnaires ou des malades et blessés seront acheminés par convois ferroviaires depuis Vintimille jusque Tarente (et retour) . La traversée largement écourtée minorait le danger que représentaient les sous-marins allemands.
Bracke Pierre Oscar
Fils de Pierre et de Caes Florine, Oscar Bracke est né le 1er novembre 1891 à Ronchin (Nord) (Nord) et exerce la profession de tourneur sur métaux. Il incorpore le 148ème ri le 9 octobre 1912. Lui-aussi, comme son instruction n’est pas terminée, ne sera pas démobilisé lorsque la guerre éclate. Il part donc aux armées, insuffisamment préparé. C’est la campagne en Belgique puis la retraite vers la Marne, Coucy-le-Château, la remontée vers L’Aisne, Berry-au-Bac, la cote 108, Sapigneul, les fermes de Choléra et, après un hiver rigoureux dans les secteurs de la ferme de la Pêcherie et les combat de la ferme du Luxembourg, il est nommé caporal le 21 février 1915. Il sera distingué à Ville-au-Bois par son comportement au feu et cité à l’ordre de la 8 ème brigade « le 11 mai a installé une ligne téléphonique des anciennes positions de la 1ère ligne à une position conquise sous un bombardement intense et pendant plusieurs heures a réparé les lignes rompues presque sans interruption »
Le 16 mai, « les communications téléphoniques étant coupées sous le feu violent dans un terrain bouleversé par des projectiles de toutes natures, s’est offert pour aller réparer la ligne téléphonique aérienne conduisant à la 1ère ligne ». Il sera encore présent à Quennevières puis, après un dernier séjour à Berry-au-Bac, il embarque, le 1er novembre 1915, à Toulon à destination de l’Orient pour arriver à Salonique le 5 novembre 1915. Ce sont alors les combats contre les Bulgares en Serbie. Le froid, la faim les privations. Blessé en service commandé le 7 août 1917 (brûlures à la main gauche et aux doigts de la main droite), il tombe malade, le paludisme, le 26 septembre 1917 et est soigné dans un hôpital (en Grèce) jusqu’au 18 décembre 1918. Entretemps, le 24 septembre 1918, il est nommé sergent téléphoniste. Il revient en France du 19 décembre au 25 mars 1919 et sera mis en congé illimité le 6 juillet 1919. Il gardera de légères séquelles de son paludisme « paludisme secondaire sans retentissement viscéral ».
Un agent de liaison
Tirmont Alexandre
Fils de Jean-Baptiste et de feue Carpentier Maria, Alexandre Tirmont est né le 1er novembre 1891 à Raimbeaucourt (Nord) et exerce la profession de houilleur lorsqu’il est appelé à la conscription. Bien que houilleur, il est néanmoins retardé deux ans pour faiblesse et n’intègre le 148ème ri que le 8 octobre 1913. Comme ses frères d’armes, il partira avec la 2ème compagnie aux armées le 2 août 1914. Insuffisamment préparé ! C’est la campagne en Belgique. Du 6 au 22 août, a 2ème cie se positionne aux différents points de passage sur la Meuse. Elle décroche le 23 août au matin sans rencontrer de difficultés. Puis ce sera la retraite vers la Marne et le combat de Coucy-le-Château le 1er septembre 1914. Son baptême du feu car la 2ème compagnie est engagée en première ligne. Profitant de la couverture boisée, les hommes de la 2ème compagnie (capitaine Dagalier) s’approchent du premier pont et, par leur feu nourri, permettent à la 1ère section de mitrailleuses du lieutenant de Lisles de s’installer et de contrebattent efficacement la position ennemie. puis passe « en file indienne, se morcelant par petits paquets, avec des distances entre chaque essaim ». La 2ème cie, qui a fourni le premier effort « s’arrête afin de remettre de l’ordre dans ses unités ». Toutefois, les sections des lieutenants Briatte et de Mascureau (2ème cie) reprennent leur progression et, malgré la protection du relief, subissent un feu meurtrier causant des pertes parmi les hommes ». Durant le repli plus que chaotique, ayant perdu le contact avec son unité, il parvient néanmoins à rejoindre par ses propres moyens, le dépôt du régiment à Vannes le 7 septembre.
Il rentre au dépôt par ses propres moyens
Il y attend à la 28ème compagnie son ordre de rejoindre. Rentré tardivement, il reprend part aux engagements, Berry-au-Bac, la cote 108, Lors de la prise de la cote 108, accompagnée des 1ère et 3ème cies, elle part à l’assaut, baïonnette au canon, d’une tranchée allemande.. Il y aura encore Sapigneul et la ferme de Choléra. Il passe son premier hiver dans les tranchées de la ferme de la Pêcherie et est nommé caporal le 25 décembre 1914, sa compagnie sera épargnée pour le combat de la ferme de Luxembourg.
Mai 1915, le régiment prend ses quartiers à Ville-au-Bois où le soldat est remarqué par son action comme agent de liaison. « Au cours d’une violente fusillade, alors que le secteur est violemment bombardé, les communications téléphoniques sont coupées, étant agent de liaison, n’a de cesse de tenir son chef de bataillon au courant de la situation ». Il est blessé lors de l’engagement.
Dans la liste des blessés
Blessé par éclat d’obus à la cuisse, il est soigné dans une ambulance à proximité de Compiègne du 17 au 29 juin avant de rejoindre le régiment qui est en repos à Pierrefonds.
Soigné à l'ambulance
Le 1er novembre 1915, il embarque à Toulon avec son régiment qui part combattre en Orient. Singulier anniversaire, il a 24 ans. Nommé sergent le 28 juillet, il quitte le régiment et le 30 juillet 1917 et est rapatrié sur le dépôt du 141ème ri à Marseille. Il sera en sursis et mis au travail, comme mineur, dans les mines de Gardannes (Bouches du Rhône) du 4 septembre 1917 au 12 août 1919 avant d’être envoyé en congé illimité le 12 septembre 1919.
En dernière minute.... F. Danès
le clairon Guerre,
Fils d'Eugène et de Braye Julia, Eugène Guerre est né le 3 juillet 1889 à Pont de l'Arche (département de l'Eure) et y exerce la profession de bûcheron. Il se marie le 22 février 1910 avec la demoiselle Courtois Georgette. Appelé sous les drapeaux du 74ème ri le 5 octobre 1910 comme soldat de 2ème classe, il est nommé musicien le 16 décembre 1911 (clairon). Il est mis dans la disponibilité le 25 septembre 1912 muni du certificat de bonne conduite. En août 14, mobilisé au 74ème ri, il est blessé le 24 octobre 1914 à Thil. Après les soins, il mute et après un bref passage au 39ème ri, il rejoint le 148ème ri le 20 février 1915. Il est remarqué lors des combats de Ville-au-Bois et après les durs combats de Quennevières, il passe soldat de 1ère classe. Il part en Orient mais le 10 juin 1916, il mute vers le 84ème ri et rapatrié en France comme père de 5 enfants. Il intègre le 92ème ri. Il décèdera le 15 octobre 1918 à l'hôpital de Vesoul d'une broncho-pneumonie à forme asphyxiante. ( la grippe espagnole?).
Ledoux Jean-Baptiste
registre de la matricule le concernant est absent des archives du Nord Impossible donc de retracer son parcours.
sources
Merci à Messieurs Th. Valle et F. Danès pour leur aide toujours aussi précieuse.
Mémoire des Hommes, JMO du 148ème ri et fiches Mort pour la France.
Consultation des AD des Ardennes, du Nord et du Finistère pour les états de service de ces soldats.













