Louis Plusquellec, enfant de la troupe devenu officier
Le lieutenant Louis Plusquellec
Sous-lieutenant dans la 9ème ème compagnie du capitaine Ulrich (au centre) Louis Plusquellec est à droite, à gauche le lieutenant Gane de Beaucoudray
Enfant de la troupe, Louis Plusquellec, né le 16 septembre 1883 à Tahon (département des Vosges) est le fils de feu François et de Saillet Catherine. Le ménage Plusquellec réside à Belrupt où le père est gendarme, un père qui décède le 13 novembre 1885 à l’âge de 33 ans laissant une jeune veuve avec deux garçons en bas-âge, Louis n’a que 4 mois ! "Orphelins de gendarme"', les deux garçons recevront, aux frais de l’Etat « une instruction et une éducation qui les mettent à même de servir utilement leur pays dans l’armée ». C’est à l’’école d’infanterie située à Rambouillet qu’ils seront scolarisés. En contrepartie de cette éducation, « les enfants reconnus aptes au service militaire sont appelés à contracter un engagement».
Extrait de son dossier militaire
Louis s’engage donc pour 4 ans à la mairie de Verdun et rejoint, le 24 avril 1903, le 1er régiment de zouaves cantonné en Afrique du Nord. Sa première campagne en Algérie ! Un engagement de courte durée car le 24 mai 1904, il est « envoyé dans la disponibilité, étant devenu postérieurement à son incorporation dispensé pour avoir un frère militaire présent sous les drapeaux ». (Son frère s’est également engagé le 1er juillet 1903 au 4ème régiment de tirailleurs). Deux frères sous les drapeaux, le cadet bénéficie d’une dispense. Une dispense qu’il refuse devant le commandant du recrutement de Verdun. Il est alors dirigé vers le 155ème régiment d’infanterie cantonné à Commercy où il est immédiatement nommé caporal. En septembre 1907, en septembre 1909 et enfin en août 1911, il signe trois engagements afin de poursuivre sa carrière militaire. Il est sergent.
Les aspirants sortis de l'école de Saint-Maixant
1911, il postule pour entrer à l’école de Saint-Maixant. Des examens qu’il réussit et après un cursus d’un an, il sort sous-lieutenant en 1912 (promotion dite « Lutzen ») pour rejoindre immédiatement le 148ème régiment d’infanterie à Givet. (Un autre officier sorti de la même promotion, le sous-lieutenant Bena l’accompagne). Il intègre la 9ème compagnie du capitaine Ulrich et du lieutenant Gane de Beaucoudray.
Un extrait de son rapport sur Anseremme
Août 1914, c’est la guerre. Le régiment entre en Belgique avec la mission de défendre les ponts et autres passages sur la Meuse entre Dinant et Rivière (Profondeville). Son baptême du feu a lieu le 14 août. « l... e 14 août, ma section était de garde au pont d’Anseremme. À 18 heures ,un groupe de cavaliers se présenta à la crête près du château d’Hordenne, j’ouvris le feu, les cavaliers disparurent ». 18h 15, nouvelle approche ennemie, « une section de mitrailleuses ouvrit le feu sur ma section, je répondis à chaque …( ? fois)? La fusillade dura environ une heure ». Malgré le fait que c’est son baptême du feu, il reste étonnamment serein.
Le lendemain, il est de nouveau en première ligne avec sa section. L’affaire tourne mal pour la compagnie et pendant le repli, il fait encore preuve de sang-froid pour faire traverser à sa section un secteur pilonné par l’artillerie ennemie. Repos à Bioul, un village en retrait de la ligne de feu. mais le 22 août, le bataillon remonte au combat à Namur, il faut aider les Belges à reprendre la ferme-château de Beauloye, face aux régiments de la Garde. Une charge baïonnette au canon ! La position est reprise mais devient vite intenable sous les feux de l’artillerie lourde allemande. Le bataillon rompt le combat. Retour vers la France pour le bataillon qui ne peut reprendre le contact avec le gros du régiment avant Rocroi.
C’est la retraite vers la Marne et le combat de Coucy-le-Château, où, isolé du régiment avec 80 hommes (avec son chef de bataillon, le commandant Roques et le sous-lieutenant Remy), il rejoindra après une douzaine de jours à louvoyer dans les lignes ennemies, le régiment à Berry-au-Bac.
Lieutenant et commandant la 9ème compagnie
Berry-au Bac ! Il est nommé lieutenant le 1er octobre et vu son sens du commandement et le manque de cadres, il prend le commandement de la 11ème compagnie. Avec le IIIème bataillon il doit s’emparer des positions ennemies sur la côte 91 à Sapigneul
Le IIIème bn du commandant Roques avec les 9ème cie- le capitaine de Beaucoudray , 10ème cie- lieutenant Pecqueur, 11ème cie- lieutenant Plusquellec et la 12ème cie- capitaine Boitel buttent sur un objectif très bien défendu. Le pont de Sapigneul, détruit en grande partie et les écluses battues efficacement par les mitrailleuses et l’artillerie ennemies empêchent un déploiement complet. Néanmoins, malgré la dangerosité de la situation, les 9ème et 11ème cies plus deux sections de la 10ème compagnie parviennent à prendre pied sur la berge opposée. Mais rapidement clouées au sol par la violence de feux ennemis, elles ne peuvent poursuivre leur effort et attendent la nuit pour se retirer... Un échec coûteux en vies humaines parmi les victimes, le lieutenant Plusquellec qui a perdu la vie en emmenant sa compagnie à l’assaut des positions ennemies Il sera inhumé provisoirement près de la grande ferme de Sapigneul.
Là où il aurait été inhumé provisoirement
"dans le jardin de la grande ferme..."
Extrait des pertes lors de ces journées
1 officier , lieutenant Plusquellec et 15 hommes tués,
117 blessés dont les officiers de Capellis et Cols et 115 hommes,
53 disparus.
Un secours de 250 fr est versé le 12 février 1916 à Mme Veuve Plusquellec, sa mère.
Son nom figure sur la plaque commémorative de Saint-Maixent, les morts de la promotion 1912. Il est renseigné comme sous-lieutenant alors qu'il venait d'être nommé lieutenant quelques jours avant sa mort.
Sa fiche Mort pour la France
La fiche matricule de son frère Henri
Henri, son frère aîné, nommé lieutenant à titre temporaire le 9 août 1916, tombe le 17 avril 1917 en entraînant ses hommes à l’attaque des tranchées ennemies.
Les deux fils tués à la guerre!
Sources
Pour les combats d'Anseremme et de la ferme Château de Beauloye, voir les pages consacrées à ces deux combats
Mémoire des Hommes, JMO du 148ème ri et fiche Mort pour la France
AD Seine 1er bureau, matricule.
SHT dossier officier du 148ème ri
Journal Officiel, lois et décrets.
Recueil. Campagnes du général Mangin dans la Marne, sur l'Aisne et en Artois]
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
Photo personnelle à Saint-Maixent


