Les 13 et 14 septembre 1914, la 5ème compagnie est anéantie

A la date du 15 septembre 1914, il ne reste que 22 soldats de cette compagnie encore présents au 148ème ,  ce sont ceux qui, ayant perdu le contact avec leur compagnie se sont dirigés vers Anizy, le lieu de rassemblement du régiment après le combat de Coucy-le-Château. « Qu’est devenue ma 5ème compagnie ? » s’inquiète à plusieurs reprises J. Degaugue,  resté bien involontairement dans le gros du régiment.

la 5ème cie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La 5ème compagnie en 1912

De gauche à droite, sergent Pech, le lieutenant Remy (le seul rescapé) le capitaine Renon et l'adjudant Navarre

La 5ème compagnie a déjà été fort ébranlée lors du combat d’Onhaye en Belgique. En première ligne, elle a subi le feu ennemi de plein fouet. Des tués, des blessés et des disparus qui se sont retrouvés pris au piège à Givet.

Puis le combat de  Coucy-le-Château, encore des pertes mais surtout un repli cahotique. La compagnie n’ayant pu rejoindre le gros du régiment au soir du combat, tente pendant 14 jours de le rejoindre en se défilant dans les lignes ennemies en Argonne.

Un dernier combat à la ferme de la Chapelle,   http://148emeri.canalblog.com/archives/2020/05/10/38277409.html

Le capitaine, mortellement blessé, donne l’ordre à ses hommes de rompre le combat, les rescapés fuient dans les bois environnants. Hélas, plutôt que de se diriger les lignes françaises, ils s’enfoncent de nouveau dans le secteur allemand.

Cernay-en-Dormois 1

 

 

 

 

 

 

1 Venant de Servon-Melzicourt, le chemin emprunté par les troupes allemandes qui retraitent

2 le lieu du combat               3 la ferme                 4 les directions de la fuite des rescapés

Seul, un petit groupe d’une vingtaine d’hommes sous la conduite du sergent Germain parvient, le 16 septembre, à regagner les lignes françaises vers Vienne-le-Château.   Pour tous les autres, ce sera la fin d’une longue équipée à Cernay-en Dormois. Rattrapés par l’ennemi, les hommes font face, l’échauffourée est brève causant encore la perte de trois hommes, deux morts et un disparu.

dcd 1Le soldat Chaveyre, disparu

dcd 5Le soldat Defoux, tué à l'ennemi

dcdLe soldat Belner, tué à l'ennemi

 

 

 

 

 

 

Quelques 156 officiers, sous-officiers caporaux et hommes de troupes capturés. Parmi tous ces prisonniers, combien sont-ils de la 5ème compagnie… ? A quelques exceptions près, comme les soldats Crame et Rafidal qui sont respectivement de la 6ème et de la 7ème compagnie la grande majorité est composée de soldats de la 5ème compagnie.

La 5ème compagnie n’existe plus.

De son cadre supérieur, il ne reste que le lieutenant Remy qui, séparé de la compagnie à Coucy-le-Château, a rejoint le régiment en incorporant le groupe du capitaine Roques.  http://148emeri.canalblog.com/archives/2020/04/02/38159172.html

Le capitaine Renon tué tandis que les sous-lieutenants Munerot et de Reviers de Mauny sont faits prisonniers, le lendemain,  à Cernay-en Dormois.  Le lieutenant Savoye quant à lui, il a été tué à Onhaye Belgique

Liste des prisonniers à Cernay-en-Dormois

Cernay-en-Dormois 2de La ferme de La Chapelle à Cernay-en-Dormois

 

Le groupe remonte malheureusement vers le Nord.. un secteur allemand. Vers le Sud, c'était les lignes françaises

 

 

Au gré des recherches, il a été possible de répertorier 156 noms d’officiers, sous-officiers et hommes de troupes du groupe du capitaine Renon. Rappelons qu'ils  ne sont pas tous de la 5ème cie.

00001 orthographeUn exemple extrait d'une liste de prisonniers à Cernay-en-Dormois.

Hélas, « l’oreille » allemande peu habituée à la phonétique des noms français en  a quelque peu estropié l’orthographe. Sur trois noms, deux sont douteux!

Alloy M.,  Aunet M., Barlet J. Barry A., Bazin A., Bienaimé A., Bienaimé C., Blois M., Boedric (= Bouchy ), Bomon L., Bouche C., Boulanger M., Boulogne H.,  Boutman L.,  Bouton J.,  Boutteau V.,  Brassard L.,  Briele V.,  Bruguicourt G., Buffet A.,  Buysse A.,  Cabaud M., Cagniaux E., Cailliez G., Calier F., Carlier C., Carliez J., Charles A.,  Cloche L., Collet E., Copin E., Crame C.,  Cuvelier P., Darete R.,  Daussy E., Daussy Paul,  DE REVIERS de MAUNY A.,  Degray P., Degré M., Dehaut P.,  Dehouche G.,  Dehuysser E.,  Delaitre C., Delatour A.,  Delbruine G.,  Delvaux E.,  Delvigne P.,  Demargne A.,  Demarque L.,  Desmoutiers E.,  Dominé H.,  Dourlet E.,  Duquenne P.,  Dussaussoy E.,  Escotte M., Fauchez L., Fontenelle L.,  Fremery E.,  Froe A., Galloy E.,  Galoppin R.,  Genonceaux P.,  Gerardot A.,  Gesuspie J., (?) Goulet H.,  Grall A.,  Gribaut E.,  Guerlince  L., Guislain L.,  Hennebert L.,  Henri G.,  Henry G., Hermant E.,  Heroguelle C., Heurot x ?,  Honvault P., Huot M.,  Joly H., Joly K.,  Juspret J.,  Keller A.,  Lagneau M.,  Lambert Z.,  Lancy L.,  Lannoy L., Laurent H., Laurent I.,  Lecocq E.,  Lecomte L.,  Legrand O.,  Lejeune M.,  Lemaire J.,  Leurant G.,  Levet H.,  Loefgen A.,  Malédant M.,  Marchal F.,  Marcoux O., Martin G., , Mathien C.,  Melin P.,  Menard E.,  Mennessiez C.,  Mitternique A.,  Mochez A.,  Muguet M.,  MUNEROT J.,  Navarre L., Nenon L (Menon) ., Nivolon E.,  Parent L., Pature G., Pecheux L.,  Perrot E., Piret J., Plingard L., Pochard M.,  Porez P.,  Portzer G.,  Postel M.,  Poupault ., Poure A.,  Praud M.,  Prevot R.,  Provot E.,  Quertinmont Z.,  Raval A., Regnard L., Relier A., Renaud M.,  Renotte J.,  Richarte A., , Rieger E.,  Roblet G.,  Roffidal  E., Routa L.,  Saintefoy L., Salomon E.,  Sene M., Sion E., Sireuil J., Somson M., Tessier E., Thomas M., Thorel H.,  Tournet E., Toussaint M.,  Tranchant F., Treiffer A.,  Verevin F., Wacquez M.,  Wintrebert D..

Parmi eux, deux officiers, les lieutenants Munarot et de Reviers de Mauny, un  adjudant, Navarre, un sergent-major, Wauquiez et douze sergents,  Aunet, Boedric (Bouchy), Bouche, Collet, Guerlince, Lejeune, Marcoux, Nenon (Menon), Nivolon, Perot, Roffidal et Richarte. C’est sans compter les caporaux comme Cailliez Gaston,  le témoin qui raconta le combat de la veille.

A l’exception des deux officiers dirigés sur le camp de Magdebourg, tous les captifs seront conduits vers le camp d’Erfurt, avant d’être répartis vers d’autres camps.

blois marcel 1Le soldat Blois Marcel est transeféré d'Erfurt vers Ohrdruf

Certains connaîtront deux ou trois camps.

Le caporal Debruire ira d'Erfurt à Munster puis à Soltau

Les soldats Messenier et Melin iront d'  Erfurt vers  Munster puis à Hamelin. D’autres, dont la santé décline,  seront internés en Suisse pour y recevoir des soins plus appropriés et parfois rapatriés en France (échange de prisonniers). Une page sera consacrée à quelques exemples de parcours de prisonniers dans les différents camps.

Quant aux rescapés, au nombre de plus ou moins 40….

nouveau cadreLe nouveau cadre de la 5ème en octobre 1914.

Fin septembre, les rescapés (ceux de Coucy-le-Château + ceux de la ferme de la Chapelle (sergent Germain)) verront leur compagnie reformée avec les renforts venus du dépôt de Vannes. Le lieutenant Lucas (venu de la 4ème cie) et le nouvel arrivé, le lieutenant Rousseau en prendront le commandement. Pourquoi le lieutenant Remy, nouvellement promu capitaine à la 1ère compagnie, n’en a-t-il pas repris le commandement ?

Sources

Mémoire des Hommes,

Historique du 148ème ri

JMO du 148ème

Fiches de "Mort pour la France"

Archives du Comité International de la Croix Rouge, listes de prisonniers

Photo personnelle de la ferme de la Chapelle et environs