0000 intro

 

 

 

 

 

 

 

 

Passage de la Meuse à Yvoir par l'armée allemande le 23 août 1914. (témoignage du curé d'Yvoir)

« Ce ne fut que bien tard dans l’après-midi du 23 août, vers 5h1/2 que les Allemands  ont pu en toute sécurité  envahir les rives de la Meuse vers Fidevoye car auparavant les premiers soldats qui s’y risquaient étaient abattus par les Français embusqués dans les bois ». C’est ainsi qu’il y eut une dizaine de tués parmi les assaillants précise le prêtre.

Moulins, 148ème ri

 

les compagnies

 

 

 

 

 

 

Le commandant Vannière installe son P.C. à Moulins

Les forces en présence, une compagnie du 148ème ri  face à tois bataillons des RIR 102 et 103 régiments saxons.

Livré à lui- même du fait du départ du colonel Cadoux avec le IIème bataillon, Vannière avec son bataillon doit tenir la Meuse entre Yvoir et Rouillon, un secteur entre deux ponts détruits.

Moulins   Le PC du commandant Vannière

Yvoir, la 4ème cie du capitaine Gautelet

Hun, le barrage, la 3ème du capitaine Villard et une section de mitrailleuses

Entre Hun et Rouillon, la 1ère compagnie du capitaine Delahaye

Rouillon, la 2ème compagnie du capitaine Dagalier.

 

Ils étaient présents près du pont d'Yvoir

La 4ème compagnie en 1912, déjà sous le commandement du capitaine Gantlet

 

aa 4ème cie

 

 

 

03reg les officier noms

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les officiers

1 Cap. Delahaye, 2 Lieutenant Arnaud, 3 Lieutenant de Cappelis, 4 cap Gautlet.

Sur cette photo de 1912,les lieutenants  Arnaud et  de Cappelis sont  encore sous-lieutenants.

Et les sous-officiers en 1912, qui  avaient le grade de

aa adj laveauxAdjudant Lavaux

aa sgt berckSergent Berck

aa colssergent-chef  Cols

 

 

 

 

 

 Le rapport du curé d'Yvoir, (suite)

0000 ponton rg bisLe passage du premier ponton

0000 ponton sur rgUn détail du document

  « Avant d’installer son matériel, l’ennemi fit arroser de ses mitrailleuses tous les coteaux boisés de la rive gauche réduisant ainsi à l’impuissance les derniers Français  restés à leur poste. Dès le début, les Allemands font passer par barques un bataillon d’infanterie qui se disperse  le long de la rive gauche et qui a pour mission de protéger le passage des troupes. Ce sont ces soldats qui  sans pitié achevaient les blessés français entre autre un capitaine Gantelet et tuèrent un soldat caché derrière un arbre de la route. Dans l’intervalle, les Allemands paraissent prendre leurs dispositions pour la construction d’un pont puis tout-à-coup on les voit accoupler des barques et y former un plancher en sorte que ce sera par pontons à rames qu’ils traverseront la Meuse. Ils n’ont pas construit de pont reliant directement les deux rives.

actuell'endroit actuellement

Est-ce défaut de matériel ou pour une autre cause ? Quoi qu’il en soit, ce mode de passage leur a occasionné beaucoup d’ennuis surtout d’importants retards. Le passage eut lieu à l’endroit dit « au rivage » , non loin de Fidevoye, un peu en-dessous de l’ancien passage d’eau, à 200 mètres en amont de l’écluse de Hun. Il a commencé vers 7h du soir et il s’est continué toute la nuit jusqu’à 9 h du matin. Pour éclairer le passage, l’ennemi avait tendu d’une rive à l’autre un câble auquel étaient suspendues de nombreuses lanternes. Les troupes qui ont traversé la Meuse se composaient du 102 et 103 et en partie du 107 d’infanterie saxonnes et du génie et beaucoup d’artillerie et charroi de toute sorte. Un incident eu lieu lors du passage  de l’artillerie : le premier canon qui fut amené sur un ponton tomba à l’eau et ce fut après bien des efforts et de cris de rage que les soldats parvinrent à l’en retirer ».  Une fois sur l’autre rive, ces troupes se dispersèrent sur la rive gauche, investissant les villages riverains de Hun, Annevoie, Rouillon. D’autres  se sont dirigées sur Anhée pour suivre la route vers Falaën et Maredsous.

0000 ir 102C’est donc le IIIème bataillon du RIR 102 renforcé par le RIR 103 qui se présente sur la rive droite de la Meuse ce dimanche matin.

Une section d'une compagnie du RIR 102 en août 1914

 

 

Des extraits des historiques des régiments allemands. 

000 Ir 102 avec l'aidele RIR 102 a comme première mission de sécuriser le secteur du pont d'Yvoir au nord du pont ferroviaire de Houx. Une fois la mission accomplie, le RIR 103 pourra se lancer sur des pontons vers l'autre rive.  1 officier et 11 hommes tués  parmi les Français du 148ème ri, les pertes allemandes sont minimalisées....1 tué et 11 blessés

000 avance sous protectionLes troupes saxonnes se sont avancées sous la protection de leur propre artillerie

 

000 pontonsDans l'historique du RIR 103, les pertes sont plus importantes, 4 tués dont un officier,  du nom de Schwabbe,   et 23 blessés. Toutefois les pertes annoncées sur Spontin étonnent!  Des soldats du RIR 103 (du 105 et 107)  y massacrèrent 45 civils, dont des fillettes,  accusés d'être des francs-tiruers. Le nombre des tués et blessés allemands à Yvoir aurait-il été "ventilé" sur deux villages? Le curé d'Yvoir cite une dizaine de tués...

  Avançant sous la protection de son artillerie, le IIIème bataillon du RIR 102 est arrivé en premier lieu afin de « nettoyer et sécuriser » la rive droite entre Yvoir et Godinne. Une fois l’action terminée, le RIR 103 se déployait de part et d’autre du Bocq. La résistance de la 4ème cie du capitaine Gaurelet faiblissant, ce sera le IIIème bataillon du RIR 103 qui traversera le fleuve sur des pontons à l’endroit dit Fidevoye, près de l’ancien passage d’eau.. Ayant pris position sur la rive gauche, ces troupes démantèleront les derniers points de résistance permettant aux autres bataillons de passer la Meuse en toute quiétude.

 Et du côté du 148ème ri?

gantletLe capitaine Gantlet

 Une grande menace pèse sur le bataillon, outre la présence de trois bataillons d’infanterie (II/IR102 et I et III/RIR103) avec un appui d’artillerie (24ème régiment d’artillerie de campagne) sur la rive droite, les Saxons commencent à percer en amont,  près du pont de Houx. Une tête de pont se forme et lorsque les renforts seront suffisamment importants dans les campagnes d’Anhée, ces troupes ne tarderont pas  à se répandre sur la rive gauche. Les 3ème  et 4ème  compagnies qui sont engagées entre Hun et Yvoir sont menacées. C’est dans ce secteur que va se développer une  seconde tentative pour passer le fleuve.

4h 30 du matin ! Le combat s’est engagé très tôt, l’artillerie ennemie préparant l’attaque de l’infanterie en arrosant les positions des défenseurs, Malgré ce déluge de feu, les pantalons rouges des 3ème et 4ème compagnies  s’accrochent dans leurs tranchées et s’opposent à la mise à l’eau des premières barques. « Toute la journée, c’est une vive fusillade d’une rive à l’autre » explique le curé d’Yvoir.

0RIR 103 BUn fantassin du RIR 103

La compagnie la plus en danger est néanmoins la 4ème, celle commandée par le capitaine Gantelet assisté du lieutenant Arnaud, des sous-lieutenants Lucas et Forestier. Les trois sections occupant les tranchées creusées à l’abri du talus de la route de Namur et la quatrième section dans des tranchées creusées sur le versant dominant la Meuse sont soumises à rude épreuve. Un feu d’artillerie et un feu de mitrailleuses retranchées derrière le talus du chemin de fer. Toute la matinée, la 4ème/I/148 résiste., malgré la violence de l’attaque. Plusieurs maisons d’Yvoir, rive droite sont en feu. De part et d’autres les pertes sont significatives. Une dizaine de tués côté saxons, selon les dires du curés de a paroisse, une dizaine d’hommes mis hors combat également du côté du 148ème. Dont le capitaine Gantelet, qui blessé, s’abrite derrière un arbre. Il ne peut dès lors rejoindre son poste de commandement.

13 heures. Le général Mangin donne l’ordre au commandant  Vannière de décrocher et de rejoindre (par Bioul-Denée) les troupes du colonel Pétain. Ordre directement répercuté aux 1ère, 2ème et 3ème compagnies  qui décrochent et par des itinéraires préalablement définis, se replient vers Bioul. Sans trop de difficultés pour les 1ère et 2ème compagnies, avec quelques pertes pour la 3ème dont les mouvements de replis sont découverts et suivi par l’artillerie ennemie.

Quant à la 4ème cie, l’absence du commandant au poste de commandement, empêche l’ordre de circuler. Ce qui allait être fort préjudiciable pour le capitaine. « Par suite des circonstances de la lutte sérieusement engagée et de l’absence du capitaine de son véritable poste de commandement, ce n’est qu’à 15 heures que l’ordre de repli arrive au capitaine Gautelet » explique le colonel Cadoux.

15 heures, cela fait plus de 3 heures que les autres compagnies se sont désengagées.   A ce moment de la journée, l’ennemi assez nombreux sur la rive droite dispose ses radeaux pour franchir la Meuse.

a arrivée par anhée

"obligeant les derniers éléments français à y abandonner la défense de la Meuse". 

« Le capitaine estime que ne n’est pas le moment d’abandonner complètement le terrain et donne ses ordres en conséquence. En exécution de ceux-ci deux sections, sous le commandement du lieutenant Arnaud se désengagent  et les deux autres sous le commandement du lieutenant Lucas continuent à maintenir l’ennemi sur la rive droite ». Deux heures plus tard, la position devient intenable.

a troupes saxonnes passentLa menace venant de Houx

«  17 heures une forte colonne ennemie venant d’Anhée descend la Meuse vers le pont d’yvoir. La retraite s’impose, les deux dernières sections se replient. Le capitaine grièvement blessé ne peut les suivre et refuse énergiquement de se laisser emporter. Il ne veut pas que ces soldats s’exposent pour lui à la mort sous le feu violent de l’ennemi ».

a répandreLes Saxons se répandent dans les campagnes

Une pluie de balles et d’obus s’abat sur la route et le versant de la rive. « Au moment où le sergent Clerk quitte la dernière tranchée suivant sa section, le capitaine Gautelet l’appelle, lui jette son portefeuille contenant la somme de 2636 fr, il lui recommande de remettre cette somme à son successeur. Les dernières paroles furent « le contenu de mon portefeuille appartient à la compagnie, à la coopérative et à moi. ? Mon successeur saura en faire le partage  Adieu mes enfants et vive la France ».

Le général Cadoux explique plus précisément le déroulement du combat de la 4ème compagnie. Quelques légères différences apparaissent entre ses notes et son livre.

0000 yvoir 2Le mouvement de la 4ème compagnie

"Venant de  Moulins, et se dirigeant vers la position lui assignée,  la 4ème compagnie est ébranlée par le tir des troupes allemandes déjà en place sur l’autre place. « aux premiers coups de feu, le capitaine Gautelet fait demi- tour et revient (au galop de son cheval) dans la direction du pont d’ Yvoir. Pendant ce retour vers l’arrière, il est blessé assez grièvement  (son cheval s’abat pour ne jamais se relever) Le capitaine s’abrite derrière un arbre de la route, il y restera toute la journée pour surveiller plutôt qu’il ne dirigera la suite des événements. Les Allemands  postés le long de la voie ferrée ne cessent de tirer. La 1ère section (Lieutenant Arnaud) surprise par les coups de feu est obligée de se coucher et de ramper en utilisant les fossés de la route pour gagner ses emplacements. Dix à quinze de ses hommes sont blessés dont un mortellement ( Gaspard ? Jaspard).

A la première accalmie, cette section se jette sous les bois et renforce immédiatement les éléments de tranchées qu’elle y découvre. La 2ème section du sous-lieutenant Forestier, doublé de l’adjudant Cols s’est jetée également sous les bois et gagne son emplacement sans perte. Les 3ème et 4ème sections de l’adjudant-chef Levaux et sous-lieutenant Lucas opèrent de même. En raison de l’intensité du feu et du développement du front, les liaisons entre les sections se font mal. La blessure du capitaine rend le commandement incertain. Chacun s’efforce néanmoins de remplir au mieux la mission assignée a sa compagnie. Vers 7 heures le brouillard se dissipe. On distingue l’ennemi. Dans les sections, les meilleurs viseurs sont désignés pour faire feu au visé sur l’ennemi. L’un des meilleurs tireurs du régiment, l’adjudant Cols fait le coup de feu et abat plusieurs allemands.  La lutte est vive. Le nombre des blessés et des tués augmente à la 4ème compagnie. A midi l’artillerie allemande ouvre un feu violent sur Anhée et sur les bois de Moulins. C’est à partie de ce moment que la situation devient critique car l’isolement de la compagnie et la rupture de liaison entre les sections vont commencer à se faire sentir.

0000 yvoir  Le lieutenant Arnaud voyant l’état d’incapacité physique du capitaine (qui conserve malgré tout un semblant de commandement)  prévient l’adjudant Cols qu’il allait tenter de rejoindre le chef de bataillon pour lui expliquer le situation et provoquer des ordres. Avant de partir, le lieutenant Arnaud ajoute que la compagnie ne saurait résister bien longtemps encore … Chemin faisant, le lieutenant Arnaud est touché par un ordre de repli envoyé par le chef et envoyé à midi. Il est 13 heures environ. Revenant sur ses pas il parvient à dégager les 1ère et 3ème sections qui encadrent la 2ème en première ligne. La 2ème section ne recevant pas l’ordre de repli continue seule a contenir l’ennemi sur la rive droite. La 4ème section du sous-lieutenant Lucas occupe toujours les tranchées de soutien. La violence du feu n’avait pas permis aux agents de liaison d’arriver dans les délais jusqu’aux 2ème et 4ème sections.

A ce moment, l’ennemi sur la rive droite essayait de disposer des radeaux pour franchir la Meuse. Le lieutenant Lucas estime que le moment est mal choisi pour se retirer et fait continuer le feu de sa section sur d’aussi beaux objectifs,

0000 convoi de pontsDes convois de pontons et de barques le long de la Meuse

000 pont allemand

 

 

 

 

 

 

 

 Mais à 17 heures, une colonne ennemie venant de Anhée et descendant le fleuve vers le pont d’Yvoir. La retraite s’impose inéluctablement. La 4ème section, lieutenant Lucas, se retire la première. Avant d’abandonner le terrain, elle prévient la 2ème section que l’adjudant Cols, en l’absence du sous-lieutenant  Forestier qui s’est détaché momentanément pour rallier ses flanqueurs et quelques égarées  Après avoir donné ses ordres pour le repli, l’adjudant Cols prend la direction de Bioul. Le capitaine Gantelet a été laissé sur la route. Il a refusé énergiquement de se laisser transporter ne voulant pas que ses hommes s’exposent à la mort pour lui. C’est le sergent Berck (Clerck) quittant le dernier sa tranchée qui recueillera les dernières paroles de son capitaine". La 4ème compagnie souffrira encore  des tirs ennemis durant son repli. Le versant et le plateau arrosé par des tirs venant de la rive opposée, Ces tirs de barrage occasionnent de nouvelles pertes parmi les fantassins. Son bilan est lourd le capitaine tué, 3 caporaux et 40 soldats disparus, tués, peut-être l’un ou l’autre égaré dans la précipitation qui rejoindront ?

hun arivée 103ir

  Début de soirée, après Houx, la Meuse est franchie en un deuxième point, les Saxons investissent les villages voisins, Hun, Rouillon  et Annevoie. La Meuse est abandonnée !

 

 

hun artillerieLes troupes allemandes incendient les maisons ayant abrités des défenseurs français.

 Certains officiers et sous-officiers se sont fait remarquer pour leur bonne tenue au feu. Le Colonel Cadoux les cite dans le JMO.

 

 

jmo gautelet 2

Les pertes du 148ème RI

gantlet a et inconnula tombe du capitaine Gautlet à Dinant qu'il partage avec un soldat inconnu. Serait-ce le soldat retrouvé mort derrière un arbre, non loin du corps du capitaine? Cela correspondrait à ce que relate le curé d'Yvoir.

Dans la tombe provisoire du capitaine Gautlet, le long de la route de Dinant, il y avait également d'autres corps, celui d'un inconnu mais également les soldats Huleux et Millancourt du 148ème et un soldat du 310ème ri, un certain NESRIANS (?)

gantlet off yvoir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

z gautlet1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Une citation pour le capitaine Gautlet, dans le JMO du régiment.

ww1 vue1Outre le capitaine Gantlet et un inconnu (inhumé avec lui à Dinant)

on relève les noms d'

Ancelle Léon, classe 1913, 21 ans

Bernard Henri,classe 1912, 22 ans

Dehon Emile, classe 1912, 22 ans

Dumont Gaston, classe 1905 (?) 29 ans

Gugert Edmond, classe 1908, 26 ans,

Huleux Florimond, classe 1911, 23 ans,

Jaspart Julien classe 1911, 23 ans,

Mahy André, classe 1911, 23 ans

Miancourt Charles, classe 1911, 23 ans

Petin Eugène, classe 1912, 22 ans

Pihet Désiré, classe 1913, 21 ans

Ponsart Constant, classe 1912, 22 ans.

Plusieurs reposent à Dinant

Sources

JMO du 148ème RI

Notes personnelles du colonel Cadoux

Le livre  du général Cadoux

Archives paroissiales d'Anhée, Yvoir, Hun et Annevoie,

La position fortifiée de Namur, p 563 et sv

Archives du CICR, fiches des inhumations

Mémoire des Hommes, fiches des Morts pour la France.

J. Schmitz et N.  Neuland, Documents pour servir à l'histoire... Tome VI, page 90.

Cartes postales et photos personnelles

0 RIR 103 aPhotos des deux  soldats allemands du RIR 103, merci au webmaster du site http:/himanbonb.free.fr/

Historiques des régiments allemands, RIR 102 et 103. Collection de M. Vels

0 RIR 102 0

0 RIR 103 c