Le 10 août              En Belgique, très bon accueil, on nous donne des tartines beurrées, du café au lait. On achète du chocolat.

Le 11 août,             Toujours la même chose. Je rapporte des journaux belges puisqu'il n'y en a plus de français.

Le 12 août,            Belgique, accueil enthousiaste à Dinant. A Bouvignes, où nous logeons, on nous donne du pain, du beurre et de la confiture, du tabac et du café.

Le 13 août            Liège tient toujours, on compte aller à Namur bientôt. En quittant Givet, n'a-t-on pas promis d'aller à Berlin en 15 jours? Je ne partage pas ces illusions. La guerre sera longue et pénible car l'Allemagne qui est préparée depuis longtemps à la guerre ne se laissera pas  écraser. La guerre durera au moins jusqu'au mois de mars ou d'août 1915. Je prends un bain dans une maison particulière. Je connais encore quelques  autres personnes, entre autre, une délicate jeune fille Joséphine, Avec mon camarade Pierre Picard, je vais en petit poste en avant de Dinant. Là, nous avons vu 8 Allemands, 2 ont été tués. Quel spectacle! Ce  sont peut-être des pères de famille. Mais la foule est enivrée de joie. Le soir, on va prendre position pour barrer une rue, là où les Allemands pourront peut-être arriver. Frères blancs, excellent accueil ( Abbaye de Leffe) . Charcuterie  et Maria nous fait du café toute la nuit.

Le 14 août,       Pas de note 

Pour cette première partie (du 10 au 14 août) voir

http://148emeri.canalblog.com/archives/2018/10/18/36793584.html

 

Le 15 août,      Yvoir, il pleut toute la nuit. On s'installe près d'un pont, en bas d'un château, en face de la gare au débouché d'une route. L'autre bataillon se bat toute la journée à Dinant. Nous attendons toujours avec 250 cartouches. Je suis agent de liaison au commandant à Anthée.(lire Anhée)

Le 16 août        Bioul, accueil ordinaire, institutrice filles(?)

Le 17 août        Il a plu toute la nuit, j'ai vu un prisonnier. J'achète du pain, on me donne de la bière pour rien! On me fait cadeau de pommes et de poires et des oeufs.

Le 18 août,       Hun, Bon accueil dans une maison. On fait des tranchées, on fait toujours des tranchées et des jeunes filles me font à manger.

Le 19 août,      Mon père est venu me voir au risque de sa vie. le reverrai-j? Je lui donne une mèche de cheveux. Je dîne avec lui. Séparation touchante, je pense à ma mère.( Une mère qu'il ne reverra pas car elle décède avant son retour)

Le 20 août,      J'ai entendu les 75. Vie toujours excellente, beaucoup de bière.

Le 21 août,      Patrouille la nuit et le jour de Hun à Rouillon.

 Pour cette seconde partie (du 15 au 22 août), voir:

http://148emeri.canalblog.com/archives/2018/04/17/36329266.html

(bientôt en ligne)

 Source

carnet du soldat Joseph Degaugue, AD de la Sarthes, op cit