10 anseremme rvgL'affaire d'Anseremme

Le pont d'Anseremme vu depuis la rive gauche, la 9ème compagnie se tenait sur cette rive  (lignes r0 Anseremmeouges) et  une section était détachée sur l'autre rive.

Un résumé de l'affaire d'Anseremme.

Et photo actuelle

9 Anseremme, la Lesse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Un témoin raconte

  Le1 a le 14 août Anseremme 14 août, en début de soirée, une alerte ! Une attaque se dessine sur le pont ferroviaire.  C’est le jeune sous-lieutenant de Plusquellec qui, à la tête de sa section en poste sur la rive droite de la Meuse, subit ce premier choc.

«  le 14 août ma section était de garde au pont d’Anseremme. À 18heures un groupe de cavaliers se présenta à la crête près du château d’Hordenne, j’ouvris le feu, les cavaliers disparurent. ». 18h 15, nouvelle approche ennemie, « une section de mitrailleuses ouvrit le feu sur ma section, je répondis à chaque …( ? fois)? La fusillade dura environ une heure ». La nuit se passe calmement. Le jeune officier ne semble pas grossir l’événement! C’est néanmoins sur ce fait que le commandant Bertrand s’appuya pour dramatiser la situation et déclencher l’envoi de renfort.

0 passer la Meuse

En revanche, un autre déclare que la réplique vint de la rive opposée

 

Le 15août

2 a le 14 août Anseremme 1

 

"on entendit gronder le canon..."

 

 Le lendemain vers 4 heures, ce sous-lieutenant pousse plus en avant. Il traverse Anseremme et se porte jusqu’au ravin de Froide-Veau, où il dresse une barricade. Une brève occupation car « vers 9 heures, je reçus l’ordre de venir de l’autre côté du ravin pour …( défendre?) une barricade établie auparavant ».

Le reste de la 9ème compagnie, en défense du pont d’Anseremme,( rive gauche) fait mouvement et prend pied sur la rive droite du fleuve. « afin de tenir le secteur de Froide Vaux et d’atteindre Herbuchenne ». Là où se masse de l’artillerie ennemie, une artillerie qui gêne considérablement les mouvements des défenseurs du secteur de Dinant. Il est impérieux de neutraliser l’artillerie saxonne. Le lieutenant de Beaucoudray, qui a rejoint le lieutenant de Plusquelec aux avant-postes, édifie une seconde barricade  en prévision d’une attaque  ennemie. L’attaque sur Herbuchenne est décidée.  C’est la section du sous-lieutenant Remy  qui doit, en gagnant « les crêtes de la roche Bayard et du village d’Herbuchennes fortement occupé par l’artillerie ennemie et en mitrailleuses et des tirailleurs embusqués dans les rochers » s’en approcher et les détruire. Peu de moyens en fonction de l’importance de l’objectif. Sa tentative est vaine, car il rencontre une vive résistance et doit se replier sous le feu des « 77 » allemands.

7 herbuchenneExtrait du rapport du sous-lieutenant Remy

  « Avec ma section, je montai une première fois vers 8h dans les carrières formant la hauteur sud de ce ravin, je dus abandonner car je ne pouvais apercevoir l’ennemi qui tirait sur moi de l’avant et de l’arrière.

9 h je recommençai en faisant un long détour et réussis à m’installer. J’étais à environ 1200 m de l’artillerie qui se présentait largement en oblique. J’ouvris le feu et reçus celui de 40 tirailleur en soutien d’artillerie. Presque aussitôt, deux pièces furent  mises en batterie sur ma section qui essuya 7 ou 8 coups de canons très bien ajustés, un homme fut tué et me trouvant attaqué par une section de mitrailleuses, je dus redescendre ».

De fait, c’est le peloton Götz du Jägers bataillon 13 qui est en soutien d’artillerie.  « où il a bientôt rencontré des forces ennemies. De là, il a eu l'opportunité de tirer efficacement sur les Français en retraite. Bientôt, le tir d’une batterie et de la  compagnie de mitrailleuses (M.G.K.) s'ajoutait au sien; leur feu a fait que l'ennemi (la section du 148ème) abandonne rapidement toute résistance et recule avec de lourdes pertes. À midi, l'activité de combat était retombée ».

8 passage pont 2"il fallait battre en retraite"

Vers 10 heures, la  9ème compagnie qui n’a perdu, à ce moment, qu’un seul homme doit se replier et « battre en retraite le plus tôt possible pour ne point être coupé de ses bases » . Le retrait de la compagnie du 33ème également à Anseremme justifie d’ordre de repli. Selon le rapport du lieutenant de Beaucoudray, « le capitaine donna l’ordre à ses sections de se porter rapidement en arrière.

 

8, passage du pont

  Les hommes épuisés par 5 jours d’escarmouches incessantes furent un peu démoralisés par ce mouvement de retraite. Arrivés au pont de la Lesse, les premiers groupes commandés par le capitaine furent fortement éprouvés par l’artillerie qui battait ce passage avec beaucoup de précision. Me trouvant en arrière avec ma section, j’appris que le capitaine blessé s’était réfugié à la Croix-Rouge. Je pris le commandement et m’appliquai à faire passer la Lesse par petits paquets aux hommes qui, terrifiés par la pluie d’obus, s’étaient réfugiés dans les granges et les maisons. Donnant à tout le monde, comme point de ralliement, l’entrée de la route de Beauraing derrière le pont du chemin de fer, je partis moi-même avec le  dernier groupe entraînant avec moi la voiture à vivre et à bagages abandonnée par son conducteur et enchevêtrée dans une barricade. Arrivés sous le pont du chemin de fer, je m’aperçus que ma malheureuse compagnie se retirait sur la route de Beauraing avec peu d’ordre. Je sautai à cheval et me précipitai en avant pour arrêter les groupes, rassembler ma compagnie et y rétablir avec l’aide de mes sous-lieutenants la cohésion et la discipline. Je fis faire l’appel. Il manquait des tués des blesses et disparus, 1 capitaine blessé, 1 sous –officier, 6 caporaux et 40 soldats disparus. Ma voiture à munitions en bon état est restée à l’école d’Anseremme ».   « À l’entrée du pont sur la Lesse, confirme le lieutenant de Plusquellec,  je me retournai pour savoir s’il fallait m’arrêter. Le capitaine me fit le geste de continuer, au passage du pont de Lesse, ma section essuya des coups d’artillerie. Le soldat Briquet fut tué. Je rassemblai ma section sous le ponceau à quelques pas du pont de Lesse, l’espace entre le pont de Lesse et le pont du chemin de fer étant battu, je pris l’initiative de me porter vers la gare d’Anseremme par la rive gauche de la Lesse

Arrivé sur les voies du chemin de fer, je m’aperçus que la compagnie légèrement en désordre se répandait vers Falmignoul ».

10 DréhanceLe chemin vers Dréhance

 "À ce moment, écrit le lieutenant Remy, je reçus l’ordre de tenir la barricade à l’entrée du village d’Anseremme sur le chemin de Dréhance pour protéger la retraite » A 11h le reste de ma compagnie qui se trouvait toujours à l’entrée du ravin de Froide Vaux se replia sur moi et m’entraîna dans son mouvement de retraite vers le pont de Lesse fortement battu par l’artillerie. Le capitaine fut blessé et passa le commandement au lieutenant  de Beaucoudray qui donna l’ordre de franchir le pont par groupe de 4 hommes  et de se rassembler sur la route de Beauraing. Les premiers groupes s’étant éloignés très rapidement il en résulta un certain désordre qui ne peut être réprimé qu’à 1500 m du pont d’Anseremme. Direction Hastière ».

11 Hastière La compagnie quitta donc Anseremme et se replia sur Hastière où les premiers soins furent prodigués par la Croix-Rouge locale.

 

 

 

Alors que le repli est amorcé, l'artillerie française déclenche un feu destructeur sur les batteries saxonnes qui, le matin,  accablaient les défenseurs de Dinant. Un peu tard en ce qui  concerne la 9ème compagnie.

Anseremme, batterie allemande

 

 

 

 

 

 

 

Le lieutenant de Beaucoudray qui a pris le commandement de la compagnie ajoute dans son rapport : « Il me manquait en outre ma voiture à munitions dont toutes les cartouches avaient été heureusement distribuées dans la nuit. Je ramenai ma compagnie en bon ordre sur le pont d’Hastière où je me mis à la disposition du général Mangin, commandant la 8ème brigade. Il me reste une compagnie de 209 sous-officiers caporaux et soldats, armés équipés ayant encore 200 cartouches par hommes et 1 jour de vivre de réserves. Le lieutenant Plusquellec et le sous-lieutenant Remy l’assistent pour  le commandement. La compagnie rejoignit le bataillon dans les jours suivants dans le village d’Annevoie.

13 couthaz replandQu’est devenu le capitaine Couthaz Repland ? Selon les informations, il aurait reçu des soins et une fois guéri, il a rejoint le régiment. Soigné à Anseremme ou bien évacué sur Givet ? Durant sa convalescence "dans une ville occupée" (Anseremme ou Givet?),il s’est soustrait aux recherches des Allemands puis a entrepris le périlleux voyage vers la Marne..

Voir son dossier dans la  page C,  archive de Mars.

Et pour la troupe? Des morts, des blessés, des disparus.

Briquet Julien, un des tués dans le combat d'Anseremme

4 Anseremme, séminariste

 

 

10 briquet

 

 

 

 

 

 

 

La fiche "Mort pour la France" du soldat Briquet Julien.

5 anseremme, blessésPlusieurs hôtels ont accueilli des blessés qui furent soignés par la population.

10 anseremme

 

Le Vieux Prieuré était  transformé en ambulance tenue par la Croix-Rouge belge. Des drapeaux flottaient sur le toit afin de protéger les lieux.

 

 

 5 Anseremme, cr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 E. Defossez, un soldat blessé

defossez ble anseremme voir orientLe soldat Defossez E. blessé à la cuisse par balle. Transporté vers l'arrière, il fut soigné et rentra au régiment pour reprendre le combat.

 

Un soldat disparu, un de ceux comptabilisé parmi les 40 soldats tenus pour disparus lors de l'appel à Hastières.

12 disparu à Anseremme

 

Le soldat Durigneux Fernand

 Disparu le 15 août à Anseremme  (Belgique) En réalité, blessé lors de l'engagement, il fut transporté lui-aussi vers l'arrière , à l'hôpital de Laon, où il reçut des soins. Rentré au régiment le 5 septembre 1914, il fut fait prisonnier lors des combats du 22 novembre 1914.

10 pont Saint Jean

 Le pont d'Anseremme traversé sous le feu de l'artillerie saxonne positionnée à Herbuchenne.

 

 

10 beaucoudra pluquelec robert

La 9ème compagnie en 1912: sont déjà présents, de gauche à droite,  les lieutenants De Beaucoudray et de Plusquellec ainsi que l'adjudant Robert.

 

Sources

Rapports des officiers, SHAT archives du régiment.

JMO du 148ème ri

JMO du 33ème ri

Notes du colonel Cadoux

Archives de l'Evéché, paroisse d' Anseremme

Mémoire des Hommes, fiches des "Morts pour la France"

Archives départementailes du Nord, fiche matricule des soldats Defossez et Durigneux.

Historique du 12ème bataillon de chasseurs saxon.

Photos personnelles

 

 

14:42 | Lien permanent

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